Cap sur l'économie

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Jour de rentrée parlementaire, hier à Ottawa. Une certitude : il y aura des élections fédérales en 2015. Une prédiction : l'économie sera au coeur de toutes les préoccupations.

Du côté du gouvernement, les conservateurs devront revoir tous leurs calculs pour réaliser leur double engagement de ramener l'équilibre budgétaire tout en maintenant les coûteux cadeaux électoraux qu'ils ont trop hâtivement promis, le fractionnement des revenus (2,4 milliards $) et une version renouvelée des « allocations familiales » de 60 à 160 $ par mois par enfant, selon son âge (plus de 2 milliards $).

C'était facile de promettre tout ça quand le baril de pétrole était à 100 $ et que le fédéral engrangeait les taxes sur l'énergie fossile. Maintenant le prix du baril a chuté de moitié et le ministre des Finances Joe Oliver ne sait plus trop que faire pour balancer tout ça. Sa première idée a été d'acheter du temps : il a repoussé le budget fédéral d'au moins six semaines... dans l'espoir que les prix mondiaux se stabilisent. Car ces jours-ci, celui qui prédit un baril à 75 $ en mai a autant de chance d'avoir raison que celui qui l'entrevoit à 35 $.

Les Canadiens peuvent miser fort sur le fait que les conservateurs feront tout en leur possible pour présenter un budget équilibré ce printemps. Ils l'ont promis et le genre de politiciens qu'ils sont ne tolèrent pas de rompre des promesses sur des choses aussi basiques que le budget. Ils goberont le coussin de 3 milliards $, remettront des dépenses d'infrastructures à plus tard, ils pourraient même couper davantage dans la fonction publique à Ottawa, rien ne sera épargné.

Les Canadiens savaient par ailleurs que les néo-démocrates sont des gens de principe quand vient le temps de parler de justice sociale. Sous Thomas Mulcair, ils ont appris que le NPD pouvait avoir du mordant. À la Chambre des communes, le chef Mulcair s'est de loin avéré le politicien le plus astucieux. Ses questions acérées ont touché les conservateurs au coeur et les ont fait mal paraître. Mais sortez d'Ottawa et cette performance importe peu. Le NPD doit faire sa place dans le coeur des Canadiens qui sont soucieux d'économie et leur suspicion est coriace à l'endroit des héritiers de Jack Layton.

Le troisième élément du portrait est celui des libéraux à propos desquels les Canadiens savent... bien peu. À part le fait qu'ils ont un jeune chef charismatique en Justin Trudeau. Mais porté à parfois lancer des énormités, sans programme sur lequel asseoir son argumentaire, M. Trudeau constitue une valeur incertaine pour les libéraux de 2015.

À un moment donné, ils finiront bien par ouvrir leur jeu au plan des idées, mais ce moment de vérité relève de la stratégie électorale. Pour le moment, tout cela est encore bien caché à l'abri des regards.

En attendant, les libéraux feraient bien de faire une plus grande place à quelques politiciens d'autorité sur les questions financières. L'ancien ministre des Finances Ralph Goodale, Scott Brison et l'ex-économiste John McCallum, même des nouveaux visages comme Chrystia Freeland, sont tous des gens qui pourraient avec autorité discourir de choses d'argent. Cela allégerait le fardeau sur les épaules inexpérimentées de Justin Trudeau. Et illustrerait que les libéraux ont une équipe derrière lui. Au Québec, la crédibilité d'un Michel Picard, spécialiste des questions d'évasion fiscale, devrait également être mise davantage en évidence. Encore doivent-ils savoir quoi dire des intentions du Parti libéral.

Les Canadiens auront rapidement des réponses à tout cela. Car l'économie sera, avant tout autre, le thème de l'élection de 2015.

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