Insultant

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Pour les Franco-Ontariens - et tous les autres francophones en situation minoritaire au Canada -, il y a quelque chose de proprement insultant lorsque la communauté anglophone du Québec estime que la province n'en fait « absolument pas » assez pour elle.

Ce sont les mots de Sylvia Martin-Laforge, du Quebec Community Action Network, outrée que le gouvernement Couillard refuse d'en faire davantage pour les Anglo-Québécois, comme de créer un Bureau des affaires anglophones. Cette agence de l'État piloterait les dossiers anglophones au sein du gouvernement du Québec.

C'est doublement insultant de voir le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, reprendre cet appel au nom d'une communauté de 600 000 personnes - équivalente en nombre aux Franco-Ontariens - qui peut compter sur trois universités centenaires, neuf hôpitaux, un vaste réseau d'influence économique et l'attraction naturelle que représente l'anglais, lingua franca du monde moderne.

Fières et essentielles, les institutions franco-ontariennes font cependant pâle figure en comparaison.

M. Fraser, on le comprendra, fait de la politique de façade. Contrairement à l'Ontarien François Boileau, il n'est pas commissaire des services en français, mais commissaire aux langues officielles. Et pour faire bonne mesure, de temps à autre il doit « rééquilibrer » sa fiche au bâton et taper sur les doigts du Québec comme il tape sur les doigts du fédéral.

Mais n'empêche, à chaque fois qu'il le fait, les minorités francophones du Canada sont traversées d'un frisson.

Dans le plus récent dossier, M. Fraser se trouve à regretter que les Anglo-Québécois n'aient « que » deux ministres (Kathleen Weil et Geoffrey Kelley) et un assistant parlementaire (David Birnbaum) pour relayer leurs doléances au cabinet Couillard.

(Les Franco-Ontariens n'en ont qu'une : Madeleine Meilleur.)

Les Anglos veulent davantage. Ils veulent une structure permanente au sein de l'État québécois. On les comprend. C'est pour cette même raison que les Franco-Ontariens veulent enchâsser le français dans la loi constitutive de la Ville d'Ottawa, et rêvent que l'Ontario ait le statut de gouvernement au sein de la Francophonie.

Les statuts permanents et les structures de l'État ont justement cette qualité d'être très difficiles à défaire. Le parcours législatif est parsemé d'embûches et les réactions politiques seraient importantes.

D'un point de vue strictement théorique, les doléances du lobby Quebec Community Action Network sont compréhensibles aux yeux des Franco-Ontariens, et de tous les autres francophones en milieu minoritaire au pays. Mais au quotidien, la vie des Anglo-Québécois et la force de leurs institutions sont des sources d'envie pour eux. Et d'entendre le commissaire aux langues officielles se joindre à leurs litanies suscite un brin de frustration...

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