Le Québec en 2015

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Le Québec a beau avoir vécu une année électorale en 2014, ce n'est vraiment qu'au cours de l'année qui vient que les Québécois ressentiront l'ampleur des changements que le nouveau gouvernement Couillard a mis en place.

Nous avons parfois tort de conclure qu'une élection change tout ; il faut parfois du temps avant que les nouvelles politiques ne se mettent en place. Et bien souvent, elles sont plus cosmétiques qu'autre chose.

Ce n'est évidemment pas le cas cette fois.

Pendant l'été et l'automne 2014, les libéraux ont proposé plusieurs réformes qui changeront en profondeur l'apparence et le fonctionnement de l'État québécois.

La liste est longue et surtout, ratisse large : réduction drastique du nombre de commissions scolaires, baisse des budgets aux écoles, hausse du nombre d'élèves par classe, élimination des Agences de santé, réforme de la tarification des garderies, disparition des Conseils régionaux des élus (CRÉ), refonte des régimes de retraite du secteur municipal, proposition de hausser le nombre de malades pour les médecins, mandats revus pour les Carrefours Jeunesse Emploi, etc.

Au final, aucun Québécois sera à l'abri des effets de ces réformes.

Plusieurs critiques ont accusé le gouvernement Couillard d'aller trop loin et trop vite. D'autres l'accusent d'avoir eu un programme « caché » et encouragent les appels publics à la contestation avec le slogan « On n'a pas voté pour ça ! »

Ces derniers devraient aller relire les intentions du Parti libéral pendant la campagne électorale. Si plusieurs des réformes n'y étaient pas nommément identifiées - pensons tout spécialement à la tarification des Centres de la petite enfance -, le plan de redresser les finances publiques dès le budget de 2015 était clair et net.

Quant au rythme accéléré et à la profondeur des réformes, là, les critiques ont raison. Bouleverser les CRÉ et les CJE ne provoquera pas des économies substantielles. Le débat sur leur pertinence et leur rentabilité dans le milieu n'a pas été fait. Ces exemples illustrent qu'à titre de premier ministre, Philippe Couillard a la responsabilité ultime de bâtir les plus larges consensus possibles au sein de la population sur le fait que les puissants remèdes qu'il préconise sont nécessaires. Cela n'a pas été fait.

Il existe aussi un risque que les bouleversements d'un État-providence qui a mis 50 ans à se bâtir et le régime minceur qu'il impose aux Québécois plonge la Belle Province dans une morosité et un découragement qui ferait ralentir le dynamisme fragile de l'économie. La confiance des consommateurs est un indicateur capricieux sur lequel il faut agir avec la prudence d'un tailleur de diamants.

En 2015, l'ampleur de toutes ces réformes frappera les Québécois de plein fouet. Le budget devra contenir quelques bonnes nouvelles pour tous, et pas que pour les banquiers et les agences de crédit. La relance économique était le deuxième grand axe du plan libéral et M. Couillard a été muet sur deux de ses grandes idées qu'étaient la construction d'infrastructures publiques et le crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire. Ce serait bien qu'il en parle aussi, pas que de rigueur budgétaire.

Localement, Philippe Couillard devrait se rappeler de la fidélité de la population outaouaise à son parti. Pour éviter d'être tenu pour acquis, l'Outaouais devrait faire l'objet de quelques mesures spécifiques. Le système de santé y est trop mal en point et l'offre en éducation postsecondaire traîne de la patte. Le premier ministre devrait mettre l'Outaouais en tête des régions qui exigent une attention particulière. L'économie régionale est déjà suffisamment tributaire du fédéral, il ne faudrait pas aggraver la dépendance de l'Outaouais aux systèmes de santé et d'éducation à Ottawa.

Demain: la Ville d'Ottawa

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