Fertile année 2014

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Une année en politique, c'est une éternité, rappelle le dicton. La dernière a été fertile en émotions.

Qui anticipait la défaite de Pauline Marois et du Parti québécois il y a un an?

Qui croyait que le débat sur la laïcité serait interrompu par ce revers?

Qui aurait prédit que l'un des hommes d'affaires les plus en vue du Québec Inc., Pierre-Karl Péladeau, se lancerait en politique, deviendrait le porte-étendard du mouvement souverainiste et se lancerait dans la course à la direction du PQ?

Rien de tout cela n'apparaissait sur le radar des Québécois il y a un an. Le gouvernement péquiste avait trébuché à quelques reprises dans ses premiers mois mais rien ne laissait croire que Mme Marois déclencherait des élections anticipées au printemps sur la seule suspicion que son budget ne passerait pas. Certes, il y avait l'ombre de la laïcité stricte que défendait Bernard Drainville, politique que son collègue Jean-François Lisée dit aujourd'hui qu'il n'aurait pu défendre. Mais la question d'un référendum sur la souveraineté du Québec est - encore une fois - venue brouiller toutes les cartes d'un gouvernement qui avait réussi à mettre cette question à l'arrière-plan. Le poing levé de M. Péladeau, le retour des questions sur le quand et le comment d'un référendum, le cafouillage d'une solide équipe péquiste pourtant mal préparée à une campagne électorale, voilà ce qui est venu causer la perte du PQ... et remettre les libéraux au pouvoir.

La commission Charbonneau n'avait même pas eu le temps de faire le tour des années libérales sous Jean Charest que son successeur Philippe Couillard était déjà aux commandes de l'état. Les Québécois verront bien le bilan que la juge France Charbonneau dressera des deux années de témoignages qui ont été livrés devant elle et le commissaire Renaud Lachance - quoique les liens soupçonnés entre la corruption dans l'industrie de la construction et le milieu politique se sont avérés plus ténus qu'anticipés. À partir du seul budget publicité du fédéral, la commission Gomery en a révélé bien plus...

Pendant la campagne électorale du printemps, les Québécois ont assez peu entendu parler des finances publiques. Certes, ils entendaient que leurs finances se dirigeaient vers un déficit mais personne n'anticipait le coup de barre que M. Couillard et sa bande se mettraient en tête d'opérer si rapidement. Il y a assurément eu un problème de communication de la part des libéraux sur l'urgence de rétablir les finances du Québec et l'étendue des réformes que le triumvirat Gaétan Barrette-Martin Coiteux-Yves Bolduc a imposé jusqu'ici à l'état du Québec. De larges pans de la société civile y passent: commissions scolaires, gestion de la santé, développement régional, appui aux jeunes sans emploi,etc. Au point où plusieurs - et pas que les «traditionnels» contestataires de la gauche - s'inquiètent de la déconstruction du filet social au Québec.

Étonnant quand même tout ce bruit pour quelques milliards alors que l'Ontario, lui aussi sous un gouvernement libéral, lutte contre un déficit trois fois plus élevé, à 10,5 milliards$? Cela n'a pas empêché la réélection du gouvernement minoritaire libéral sous Kathleen Wynne... qui a rapidement pris la parole en français dans son discours de victoire. Comme John Tory d'ailleurs, le nouveau maire de Toronto.

Comme les temps ont changé!

Le français si longtemps négligé en Ontario, encore combattu à Ottawa sur son statut officiel, y fait tout de même des percées.

Il reste le fédéral qui, à son tour, sera en élection le 19 octobre prochain, si la loi électorale sur le vote à date fixe est respectée. La plupart des cartes sont déjà sur la table: Stephen Harper et ses conservateurs, Thomas Mulcair et ses néo-démocrates, et Justin Trudeau et ses libéraux. Leurs idées aussi... quoique ce dernier n'a rien encore livré de substantiel. Ce sera à surveiller, puis comment ces trois-là se comportent dans une campagne électorale qui se jouera surtout en Ontario. Et un peu au Québec où restent à déterminer combien solides sont les opinions des citoyens sur le NPD et le Bloc québécois.

Tout cela aura-t-il autant d'importance que le prix de l'essence en baisse qui à lui seul compense toutes les coupures budgétaires du fédéral, de l'Ontario et du Québec réunis?

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer