Les leçons de Hull-Aylmer

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Les sondages ne mentent pas. Le Parti libéral du Canada a regagné de l'estime dans l'esprit des électeurs. Le renouveau qu'incarne Justin Trudeau et la feuille de route des conservateurs sous Stephen Harper sont venus changer la donne.

Un peu partout, leurs assemblées d'investiture sont devenues de réelles courses âprement disputées. Il y a même certaines controverses qui peuvent parfois laisser des traces. Celle dans la circoncription d'Orléans (autrefois Ottawa-Orléans) où le prétendant David Bertschi a été écarté pour des raisons «administratives». D'autres secouent le PLC au Manitoba et en Colombie-Britannique. 

M. Trudeau s'était engagé à tenir des investitures dans tous les comtés du pays, mettant ainsi fin aux chasses gardées et au parachutage de candidats vedettes par le chef ou l'exécutif national du parti. Il y a des accrocs à cette promesse; le renouveau est parfois plus difficile à mettre en place. 

Cela n'a pas été le le cas dans Hull-Aylmer, dont l'investiture s'est décidée jeudi. Greg Fergus l'a emporté dans une course à trois chaudement disputée; il a devancé le conseiller municipal du district du Plateau, Maxime Tremblay, et l'ex-maire de Gatineau, Yves Ducharme.

Si M. Fergus était le moins «connu» du public, il pouvait compter sur de solides appuis au sein du parti. Il a été directeur national du Parti libéral, président des Jeunes libéraux, et a travaillé pour des ministres dans le passé. Résidant de l'Outaouais depuis plus de 15 ans, il avait entre autres de solides assises dans le secteur d'Aylmer. 

À première vue, la défaite de M. Ducharme surprend. Il est connu de tous compte tenu de ses longues années de service en politique municipale. Mais il s'est lancé dans la course à la dernière minute. Le travail préalable pour remporter une investiture contestée ne s'improvise pas; le candidat doit s'entourer d'une équipe de bénévoles qui arpenteront la circonscription pour «vendre des cartes» de membre du parti. Ces cartes donnent droit de voter à l'investiture. Le jour du vote, les bénévoles s'assureront de «faire sortir le vote» pour que tous ceux qui ont garanti leur appui au candidat exercent leur droit.

En partant tardivement, n'ayant pas eu le temps de vendre des centaines de cartes de membres, M. Ducharme espérait de toute évidence que sa notoriété lui permettrait de subtiliser les appuis théoriquement acquis aux autres candidats. Cela ne s'est pas produit. Il ne devrait pas considérer cette défaite comme un camouflet de la même ampleur que son revers contre Marc Bureau à l'élection municipale de 2005 à Gatineau. Il s'est lancé trop tard dans la course, tout simplement. S'il avait commencé en même temps que les autres, le sort aurait pu être différent.

Mais dans l'état actuel des choses, l'avenir public d'Yves Ducharme paraît sombre. Pour quelques années encore, ou peut-être définitivement, il devra se recycler dans un autre domaine, un peu comme ces dernières années à l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien. Il est encore trop jeune pour la retraite et il peut faire profiter la société de ses talents. 

Pendant ce temps, Maxime Tremblay continuera de contribuer positivement au conseil municipal de Gatineau, qui a besoin de sa voix posée et de son autorité en administration.

Quant à Greg Fergus, il lui reste à se faire connaître de la population de Hull-Aylmer. Sa victoire ne devrait pas être interprétée comme une garantie que la voie lui est libre pour l'élection fédérale qui est prévue en octobre 2015. Ni la tradition libérale de la circonscription. Il demeure une quantité méconnue pour des milliers d'électeurs. Nycole Turmel et le Nouveau Parti démocratique ont démontré à l'élection de mai 2011 que bien des châteaux forts peuvent s'écrouler comme des châteaux de carte quand un vent de changement souffle assez violemment. Malgré cinq élections confortables à partir de 1999 dans Hull-Aylmer, Marcel Proulx l'a appris à ses dépens contre Mme Turmel et la leçon ne doit pas être oubliée.

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