Gatineau croît

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Auparavant, le jour du budget à la Ville de Gatineau avait des airs de boîte à surprises.

Tout était dévoilé le jour du vote. Les contribuables apprenaient alors quel effort financier leurs élus leur imposeraient pour l'année qui vient.

Le vent de transparence qui souffle sur les gouvernements de tout ordre a mis fin à cet exercice de camouflage qui n'était pas sans rappeler celui des provinces et du fédéral.

Transparence oblige donc, l'exercice de confection du budget à Gatineau s'est fait au vu et au su de tous, le mois dernier. L'étape démocratique du vote, qui s'est tenu hier soir, était bouclée des semaines auparavant.

Personne ne se plaindra de compter à Gatineau - ce n'est pas partout pareil ! - sur une politique de transparence qui prend tranquillement de l'ampleur. Même que cela a permis aux citoyens de mieux prendre la mesure de chacun des élus. Lorsque Québec leur a fait le « cadeau » de rétrécir le budget de la ville de 6,3 millions $ supplémentaires en raison du nouveau Pacte fiscal entre Québec et les municipalités, tout le monde a voté à visage découvert. Les contribuables ont pu voir qui était, selon la formule boiteuse du moment, pour « les bibliothèques ou l'asphalte ». Sagement, ils ont décidé de couper la poire en deux.

N'empêche que sur le fond, Gatineau n'a pas de problème d'argent. Son budget augmente d'environ 20 millions $ par an et atteint 546,6 millions $ (+ 3,9 %) en 2015. À peu près tous les postes de dépenses augmentent à un rythme bien supérieur à l'IPC, l'Indice des prix à la consommation qui est devenu l'étalon auquel les contribuables mesurent si une hausse est à la limite de l'acceptable ou suspecte.

La question de la dette est toujours délicate. Elle est estimée à 575,5 millions $ et coûtera 63,9 millions $. Des sous que Gatineau pourrait utiliser à bien meilleur escient, non ?

Cela allume un baril de poudre sous la susceptibilité de certains contribuables. Mais il s'agit là d'un calcul que l'on pourrait qualifier de primaire.

Gatineau compte des actifs évalués à 7 milliards $. La dette de Gatineau équivaut, à plus petite échelle, à une hypothèque de 35 000 $ sur une maison de 200 000 $. Vu comme ça, c'est déjà plus acceptable. Comme quoi tout est relatif.

Ce que ce budget (et les précédents aussi) illustre, c'est que Gatineau est une ville en moyens et en croissance. Voilà pourquoi toute comparaison avec les finances d'autres municipalités du Québec (ou de l'Ontario) est nécessairement bancale. Gatineau croît. Elle s'agrandit par l'extérieur. Cela crée des pressions sur tous les services : plus de citoyens, plus de maisons, plus de rues, plus de poubelles, plus d'égouts, etc. L'idée des crédits de taxe pour le résidentiel au centre-ville, concoctée sous le maire Marc Bureau, lutte justement contre cet étalement urbain. Elle reviendra, légèrement modifiée.

(Elle pourrait même servir à combler l'énorme « trou » entre les secteurs de Gatineau et de Buckingham-Masson-Angers.)

Avec tout ça, on oublie presque que 257 millions $, soit 47 % du budget de Gatineau, part  en salaires. S'entameront sous peu des négociations avec cols bleus, blancs, pompiers et policiers. La pression de la rémunération au fédéral crée une impulsion vers le haut. Et le mécanisme d'arbitrage salarial au Québec avantage les travailleurs des services d'urgence. C'est au provincial que cette mécanique sera défaite, si elle l'est. Pour les autres fonctionnaires municipaux, le maire Maxime Pedneaud-Jobin et le conseil auront-ils le courage et la résilience de freiner des augmentations qui vont bien au-delà de l'IPC ?

Il leur est bien plus confortable d'acheter la paix. C'est ce qu'ils ont fait jusqu'ici, tous confondus. Et Gatineau réussit à boucler son budget sans trop de pirouettes. La loi 3 met déjà tout le monde sur les dents.

Le jeu en vaut-il la chandelle... et l'effort ?

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