D'autres hausses en vue

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Une mise à jour économique et financière est une occasion que les gouvernements utilisent de plus en plus, à peu près à mi-chemin entre deux budgets, pour faire l'état des finances publiques. D'ordinaire, cela sert à claironner les mesures positives que le gouvernement en place a prises, et comment elles donnent de bons résultats.

Malheureusement, à Québec, le ministre des Finances Carlos Leitao a profité du moment pour en rajouter une couche sur la sombre tapisserie du gouvernement Couillard. Les Québécois ont ainsi appris qu'ils devront contribuer 262 millions $ de plus pour - le refrain commence à être connu - rééquilibrer les finances publiques. Ainsi, les 40 % de Québécois qui participent à un syndicat verront un crédit d'impôt pour ces activités baisser de moitié. Ça leur coûtera 112 millions $. Ceux qui aiment les véhicules à gros moteurs devront verser jusqu'à 200 $ de plus pour leurs plaques d'immatriculation - et cela inclut ceux qui n'ont pas le choix d'avoir des camions pour le travail, comme dans les secteurs agricoles ou de la construction. La mesure doit rapporter 8 millions $.

Et tous les automobilistes seront en plus sollicités par une hausse de 5 à 9 % de la TVQ sur l'assurance-auto, une entrée supplémentaire de 135 millions $ dans les coffres à Québec.

Les entreprises seront aussi mises à contribution, mais bien moins. Celles en assurance devront payer une facture estimée à 128 millions $ de plus.

Quant à la taxe « temporaire » de 1,68 % sur les salaires du secteur bancaire, elle rapportera peut-être 125 millions $, comme l'espère M. Leitao, mais elle ralentira aussi la création d'emplois.

Nous sommes loin d'une augmentation des taxes sur les profits du secteur financier, comme l'espèrent Québec solidaire et quelques autres.

Et dans le collimateur se prépare une hausse de la taxe sur l'essence de 2 cents le litre. Mais le ministre Leitao a raison de dire que les baisses importantes du prix à la pompe, ces dernières semaines, font économiser beaucoup plus aux Québécois que l'effort qu'il leur réclamera sous peu. Si le prix du litre avait flirté avec son plafond autour de 1,50 le litre, le tollé aurait été plus important. Maintenant que les automobilistes économisent 20 à 25 cents le litre par rapport à l'été dernier, et que cette baisse devrait durer des mois parce qu'elle reflète une nouvelle réalité du marché mondial des carburants, un petit rebond de 2 cents devient presque négligeable et ne fera monter personne aux barricades...

Ils en ont bien d'autres pour le faire, avec ce gouvernement qui s'est mis en tête de redresser les finances publiques en 18 mois alors que cela ne faisait pas partie de son programme électoral du printemps dernier.

Le ministre des Finances était entre autres flanqué de l'autre poids lourd économique du cabinet, Martin Coiteux, le président du Conseil du Trésor. Ils ont tenté de dépeindre un portrait plus encourageant des finances publiques québécoises, maintenu que l'essentiel du travail de réduction des dépenses était soit complété ou en voie de l'être. Que l'objectif de croissance économique de 1 %, en 2013, allait croire à 1,6 % en 2014, et laissait poindre une perspective à 1,9 % pour l'année 2015. Que les exportations vers les États-Unis s'étaient embellies de 11 % par rapport à l'an passé.

N'empêche que les contribuables sont sonnés cet automne. Ils ont été assommés par plusieurs augmentations de tarifs, de taxes et de contributions diverses. Ils ont vu des emplois fondre un peu partout dans les secteurs public et parapublic. Ils peinent à assimiler toutes les réformes administratives que les libéraux imposent en rafale dans un alphabet incompréhensible de structures - CJE, CLD, CREO, etc. - qui fonctionnaient, certes, mais qui avaient leur prix. Québec a décidé qu'elles coûtent ou trop cher ou ne sont pas efficaces.

Dans cette valse infernale de réformes et de compressions des trois derniers mois, la confiance des Québécois a été atteinte. Même des libéraux notoires comme Paulette Lalande se questionnent ; imaginez les autres !

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