SAQ et web

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La Société des alcools du Québec s'apprête à faire un virage Internet afin de contrer sa baisse de profits constatée au cours de la dernière année. Bienvenue en 2014 !

En fait, cette boutade est bien sévère. En réalité, la SAQ est à des années lumière devant son homologue de l'Ontario, la LCBO (ou Régie des alcools de l'Ontario). En Ontario, la vente d'alcools et de spiritueux atteint presque 5 milliards $ mais son site internet n'est encore qu'un gros catalogue virtuel. Aucune transaction n'est possible en ligne. Ce sont peut-être des relents de l'ère de la prohibition où toute consommation d'alcool était interdite.

En comparaison, le site internet SAQ. com va beaucoup plus loin. Pour une sélection, le site propose des évaluations indépendantes de spécialistes (autres que des conseillers maison), des suggestions d'accords de mets, etc. Et surtout, il s'agit d'un site transactionnel. Il est possible d'acheter en ligne, puis de ramasser en succursale ou de faire livrer à la maison.

Dans le très concurrentiel secteur de la vente au détail, le phénomène Internet n'est plus une tendance incertaine. Tous les commerces doivent avoir une présence Web et les consommateurs exigent une expérience numérique intéressante, facile et de plus en plus, mobile. Dans le cas des vins, bières et alcools, les ventes devraient croître si la SAQ les rend plus conviviales partout. Comme de pouvoir commander à partir d'un appareil mobile (téléphone intelligent, tablette, etc.) une bouteille consommée ou recommandée au restaurant, qui sera ramassée à un comptoir ou une succursale.

Et c'est exactement la direction qu'explore la SAQ, selon un reportage citant Alain Brunet, le tout nouveau patron de la SAQ. Dans le quotidien La Presse, il estime que cette stratégie pourrait contribuer entre 1 et 3 % des ventes de la société d'État, à 2,9 milliards $ dans le dernier exercice financier. Soit entre 30 et 100 millions $ de plus dans les coffres. Cet objectif s'avère un bon début mais c'est encore timide. Ce n'est pas avec 1 ou 3 % de plus que la SAQ livrera les profits espérés par des gouvernements qui en veulent toujours plus, sans pour autant encourager la consommation indue d'alcool. Ni avec de tels rendements qu'elle s'illustrera parmi les plus efficaces commerçants en ligne, ou. Mais le commerce électronique est bien particulier et toute prévision au-delà du court terme demeure très hypothétique.

Au passage, M. Brunet espère réduire les coûts d'exploitation de la SAQ, sans pour autant réduire les nombres de succursales (400) et d'employés (5500).

La Société des alcools du Québec a fait un virage marketing il y a 15 ans. Elle s'apprête à en faire un autre. Ce n'est pas trop tôt... et la LCBO devrait l'avoir à l'oeil !

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