Trois ans pour convaincre Watson

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Le suspense étant nul, la réélection de Jim Watson à la mairie d'Ottawa n'a ni la gloire ni le lustre de celle de 2010 lorsqu'il avait vaincu le maire sortant Larry O'Brien et l'ex-conseiller municipal Clive Doucet. Il se consolera en se disant qu'il a remporté les trois quarts du vote populaire; la principale raison est évidemment qu'aucun prétendant d'envergure n'a osé croiser le fer avec lui. Mais ce n'est pas de sa faute.

Si ses adversaires ont été si peu menaçants, c'est pas mal parce qu'il a fait de l'assez bon travail au cours des quatre dernières années. Il a ramené l'harmonie dans les affaires municipales après le mandat tourmenté de M. O'Brien. L'importance qu'a eue cette paix sociale retrouvée à Ottawa s'est manifestée avec la réélection quasi-systématique des conseillers sortants.

La construction du train léger est le principal dossier de la capitale; il se poursuit sans anicroche. La gestion des affaires municipales va relativement bien, les finances publiques sont aussi saines qu'elles peuvent l'être dans le présent contexte financier des municipalités au Canada.

Cette victoire presque par défaut fait en sorte que les contribuables sont en droit de se demander quel est son plan pour Ottawa, tellement M. Watson a été vague pendant sa campagne électorale. D'idées, il n'en a point élaborées. De plan, que celui de poursuivre dans la même lignée pour les quatre années qui viennent. D'ici la fin de son prochain mandat en 2018, il y aura pourtant de grandes choses qui animeront Ottawa.

La fin du mandat de M. Watson coïncidera avec l'inauguration du nouveau système de transport en commun d'est en ouest à Ottawa. Gageons que le bureau du maire ne fera pas l'erreur de l'inaugurer en pleine saison automnale comme Gatineau avec son Rapibus! Ce nouveau service sur rails porte en lui les graines d'une capitale redessinée en stimulant le développement urbain le long de son parcours.

Puis, Ottawa sera le théâtre principal du 150e anniversaire de la naissance du Canada moderne. Ce sera une occasion historique pour la capitale comme l'a été le centenaire en 1967 avec les inaugurations du Centre national des arts, du Centre municipal, de la Bibliothèque nationale, du Musée de la science et de la technologie, etc. Dans les cruciales années qui mèneront à 2017, les échanges avec le gouvernement fédéral seront intenses. À trois ans de cette grande fête, Ottawa (la ville) et Ottawa (le fédéral) n'ont encore rien dévoilé quant à leurs intentions respectives.

Les francophones d'Ottawa ont leur idée sur comment ils veulent marquer cet anniversaire: en plaçant un jalon dans l'épanouissement du français au pays. Déjà, plusieurs militent pour un statut officiellement bilingue pour Ottawa. Ils espèrent corriger le non-sens d'un pays officiellement bilingue dont la capitale ne l'est pas. Ils ont déjà reçu de larges appuis au sein de la francophonie ontarienne et d'ailleurs. Cette déclaration d'abord symbolique se traduira par la suite par une série de mesures concrètes qui demeurent à être définies précisément. Ce sera l'un des défis des Franco-Ontariens d'ici: de trouver ces arguments, répétés ou nouveaux, pour faire avancer leur cause. Ils ont reçu hier la confirmation de qui ils doivent convaincre et leur combat ne fait que commencer. D'ici 2017, ils ont donc trois ans pour le faire.

Pendant la campagne électorale, Jim Watson a refusé de se commettre dans le dossier d'Ottawa bilingue. L'élection de plusieurs conseillers en faveur du concept signale que la pression viendra aussi de la table des élus, et pas que de la communauté francophone. Malgré cette frilosité chez M. Watson, cette dernière l'a largement appuyé. Le maire ragaillardi ne doit pas interpréter ce soutien comme un encouragement à demeurer fermé à l'idée d'Ottawa bilingue. Il ferait là une grave erreur de jugement; ce serait trahir son flair politique qu'il cultive depuis deux décennies. Et pour quatre ans de plus.

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