Bilan en attente

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Le ton, l'approche, le regard a changé après une année de leadership de Maxime Pedneaud-Jobin à la mairie de Gatineau. Mais malheureusement pour les contribuables, rien de bien concret n'est encore perceptible. Il leur faudra attendre encore un peu.

Il faut comprendre l'impatience des Gatinois qui est, dans certains dossiers, bien légitime. Cela fait plus de cinq ans que la réfection de l'aréna Robert-Guertin tourne en rond, parfois à cause d'erreurs des élus, parfois pas. Au cours de ces mêmes années, la routine des citoyens a été perturbée par les travaux du Rapibus - un investissement collectif de 255 millions$ qui ne s'est soldé que par une marginale amélioration du transport en commun. Ils endurent encore et toujours certaines routes cabossées, et des services municipaux acceptables mais qui génèrent leur lot d'insatisfaits dans une ville en croissance.

Tout cela alors que leur fardeau d'impôts fonciers s'alourdit peu à peu, à chaque année.

Ces infrastructures municipales qui piétinent depuis des années ne peuvent être balancées sur les épaules de M. Pedneaud-Jobin. Simple conseiller à l'époque du maire Marc Bureau, on ne peut lui imputer les délais et les cafouillages passés.

Mais il a tout de même une responsabilité de deux ordres. À titre de conseiller municipal jusqu'en 2013, il n'a peut-être pas suffisamment questionné l'administration Bureau sur ces dossiers. Depuis son élection, il reste à évaluer s'il a tout fait en son pouvoir pour débloquer les impasses qui ont surgi entre-temps.

Le dossier du centre multifonctionnel a achoppé au printemps. L'appel d'offres n'a pas permis de sortir des coûts au diapason des évaluations municipales. M. Pedneaud-Jobin et le conseil les ont refusées. Dans l'espoir de ne pas plomber les finances publiques, cela semblait la chose à faire dans les circonstances. Un nouvel appel d'offres sortira sous peu et le début de 2015, espérera-t-on, permettra un déblocage du dossier. Sinon, le maire lui-même concède qu'il faudra tout remettre sur la planche à dessin, ce qui repoussera toute nouvelle infrastructure d'un autre cinq ans...

Maxime Pedneaud-Jobin avait promis en campagne électorale qu'il assumerait personnellement la présidence de la Société de transport de l'Outaouais s'il était élu. Il a depuis passé les rênes au conseiller Gilles Carpentier. À court terme, le message est passé clairement à la STO qu'une nouvelle relation se tisserait entre elle et la Ville de Gatineau. Cela s'appréciera à plus long terme. Dans l'immédiat, quelques correctifs ont été apportés au Rapibus mais la blessure était trop profonde pour être soignée avec quelques sparadraps. Là encore, l'usager et le contribuable devront être patients avant de mieux évaluer le rendement du plus gros investissement d'infrastructure de l'histoire de l'Outaouais.

Gatineau a aussi été confronté à une crise inattendue, celle du 79, chemin Fraser et du service d'urbanisme. Inattendue? Pas pour le maire qui estime que le 79, chemin Fraser a été «un accélérant sur un feu qui brûlait déjà». À preuve le fait qu'il y aurait aux quatre coins de la ville quelque 300 autres cas de dérogations mineures problématiques. Il faut comprendre que les élus savaient que ce service fonctionnait sur des roues carrées. La «moins mauvaise des solutions» proposée par M. Pedneaud-Jobin et le conseil dans l'affaire du 79, chemin Fraser a nécessairement fait son lot de mécontents.

À tous ces problèmes, Maxime Pedneaud-Jobin a travaillé sur une même solution: une réforme de l'administration municipale qui a débuté par l'embauche d'une nouvelle directrice générale. Cela doit mener à une nouvelle approche à Gatineau. On verra.

Cette première année n'a pas répondu aux énormes attentes des Gatinois. Mais la responsabilité du maire Maxime Pedneaud-Jobin est limitée. La nouvelle transparence à la ville, une ère de collaboration s'est établie. Ses fruits ne sont encore que de petits bourgeons. Il faudra attendre. En espérant que la grêle de l'incompétence, de l'imprévu ou des égos ne viennent en retarder la croissance.

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