Watson, prudemment

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Les Ontariens seront appelés aux urnes lundi. Les yeux sont particulièrement tournés vers Toronto où trois candidats bien typés aspirent à succéder au controversé Rob Ford : ce sont Olivia Chow, Doug Ford et John Tory. Une semblable course n'existe pas à Ottawa, où le maire sortant Jim Watson vogue vers une facile réélection.

Huit candidats briguent la mairie. Mike Maguire et Anwar Syed ont mené les campagnes les plus actives, mais ni l'un ni l'autre n'a démontré qu'il avait un plan solide, crédible et réalisable pour la capitale.

Un vide existe dans la vie démocratique d'Ottawa. Les électeurs n'ont même pas deux candidats de grande qualité, prêts à prendre les rênes de la municipalité. La relative assurance devant laquelle se retrouve M. Watson n'est pas unique dans l'histoire récente. En 2003, le maire sortant Bob Chiarelli a affronté un Terry Kilrea qui n'est pas sans rappeler M. Maguire par ses positions de droite relativement simplistes. Cinq ans plus tôt, en 1997, Jim Watson se retrouvait lui une première fois devant un champ déserté. Avant, Jim Durrell, Lorry Greenberg et Pierre Benoit ont aussi eu la voie libre.

Il y a lieu de réfléchir sur ce phénomène qui fait en sorte que le bulletin de vote municipal, à toutes les époques de l'histoire récente d'Ottawa, se retrouve dans au moins deux solides alternatives pour l'électorat.

Jim Watson, certes, est un candidat aguerri. Tout au long de ce premier mandat à la tête de la Ville d'Ottawa post-fusion, il a arpenté les quatre coins de l'agglomération, écouté les citoyens, avancé des solutions raisonnables. Pendant les quatre dernières années, cet ancien ministre libéral à Queen's Park a ramené la paix et l'harmonie à la table du conseil. Il a su garder le fardeau de l'impôt foncier en deçà de limites acceptables, grâce à sa gestion du dossier du train léger et de la réfection du parc Lansdowne. Les Ottaviens ont pu apprécier une démocratie qui sait fonctionner sans à-coups ni heurts, à des lunes du climat de cacophonie qui existait sous la gouverne bigarrée de Larry O'Brien, un homme d'affaires dont l'inexpérience politique a été douloureuse.

Cependant, il s'est placé en porte-à-faux avec la communauté francophone, dont il tient le vote pour acquis. Ils l'ont clairement appuyé en 2010 après les nombreux cafouillages de M. O'Brien à leur endroit, et devraient répéter leur geste en 2014.

Au cours de la dernière année, un mouvement s'est cristallisé dans l'espoir qu'Ottawa devienne une municipalité officiellement bilingue, peut-être à l'occasion du 150e anniversaire de la Confédération, en 2017. M. Watson répète ad nauseam que la politique de bilinguisme en place fait le travail et que le statu quo est suffisant. Les « quatre ans de progrès » dont il se vante ne se constatent pas dans les services aux francophones. Dans d'autres circonstances, cette position devrait s'avérer un handicap. Les 18 % de francophones pourraient voter pour d'autres candidats. Ce n'est pas le cas en 2014. M. Maguire, par exemple, s'oppose avec encore plus de véhémence à des droits élargis pour les francophones.

Quelques-uns, comme Rolande Faucher, proposent s'abstenir plutôt que voter pour M. Watson. LeDroit ne peut appuyer une telle avenue néfaste pour la démocratie. Voter blanc ou annuler son vote peuvent s'accepter dans certaines circonstances, mais pas dans notre société occidentale moderne. Ce serait une proposition irresponsable.

De tous les candidats à la mairie, Jim Watson s'avère le candidat le plus doué pour bien gérer la Ville d'Ottawa. LeDroit lui accorde un appui non pas par défaut, mais pondéré, prudent. Dans l'espoir que la communauté francophone saura le convaincre de changer sa position sur le bilinguisme de la capitale, pas seulement pour eux, mais pour le mieux d'Ottawa tout entière. Et qu'il saura se laisser influencer non pas par une frange anti-francophone bruyante, mais par la raison et la sagesse.

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