Maintenir la paix

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Quand survient un drame de l'ampleur de celui qu'a vécu la capitale du Canada, hier, plusieurs ont le réflexe de dire que « rien ne sera plus jamais pareil ». Ils ont malheureusement raison.

Peu importe ce que l'enquête sur l'attentat au Monument commémoratif de guerre et au parlement conclura, la journée passera tristement à l'Histoire.

Pour la population locale, cela voudra dire des mesures de sécurité resserrées. Au lendemain des attaques du 11 septembre 2001, la circulation automobile a été limitée sur la colline parlementaire. Les visiteurs ont dû eux aussi se soumettre à des fouilles minutieuses. Lorsque des militants de Greenpeace ont déroulé une bannière à partir des toits du Parlement, en 2009, les procédures ont été revues. Maintenant, plusieurs se demandent comment un quidam ait pu pénétrer si facilement dans le parlement. Qu'il ait pu utiliser son arme si près des locaux où quelque 300 députés tenaient leurs caucus du mercredi.

À un niveau, cette sécurité relevée est dommage. Notre démocratie se nourrit de la proximité avec la population. Cette accessibilité est typiquement canadienne et doit être préservée. Mais du même coup, elle ne doit pas servir de tapis d'entrée pour ceux qui auraient des intentions malveillantes. Le monde a changé, pas toujours dans la bonne direction, et une révision des procédures doit être complétée.

Faisons confiance aux autorités qu'elles sauront trouver, en consultation avec les élus, l'équilibre entre la recherche de la sécurité et le maintien d'un sain voisinage entre les députés et la population autour de ce Parlement qui est le coeur d'Ottawa.

•••

Par ailleurs, les Canadiens cherchent toujours à comprendre ce qui s'est passé. Un homme qui servait sa patrie est décédé sous les balles d'un tireur dément qui a fait plus tard irruption au parlement.

Les deux passeront à l'histoire, chacun pour des raisons différentes. Le caporal Nathan Cirillo, pour son sacrifice pendant qu'il faisait la garde devant le Monument commémoratif de guerre du Canada. Et Michael Zehaf-Bibeau pour la folie hystérique qui l'a animé.

Les gestes de ce détraqué rappellent ceux posés, à peine 48 heures plus tôt, par Martin Couture-Rouleau à Saint-Jean-sur-Richelieu. Une même cible, des circonstances semblables, un délire d'islamisme conquérant.

Cela survient juste après que le Canada ait annoncé sa collaboration à des frappes contre les terroristes de l'État islamique. Ce mouvement a appelé à la réplique partout, de toutes les manières. Ce cri de rage a été entendu ici. Notre pays n'avait, heureusement, jamais été pris pour cible. Au pire, quelques complots ont été déjoués.

Ces répliques n'ont pas l'ampleur de la catastrophe du 11-Septembre, mais maintenant qu'elles frappent au coeur politique du pays, elles jettent un nouvel éclairage sur l'actualité internationale, le Canada et le rôle qu'il y joue. Il y a là matière à réflexion pour nos politiciens.

Par chance, les héroïques forces de l'ordre ont pu intervenir à temps pour éviter plus de dommage. Nous pouvons peut-être aussi apprécier que ces deux attaques meurtrières semblent avoir été l'oeuvre de « loups solitaires » dont les scénarios rudimentaires n'avaient rien en commun avec Al-Qaïda, par exemple.

Depuis le 11-Septembre, le gouvernement du Canada met la population en garde que personne n'est plus à l'abri, que des terroristes peuvent sévir partout, en tout temps. De fait, il nous faut accepter que, dorénavant, rien ne sera plus jamais pareil. Tout en tentant de créer les conditions pour que le Canada et le monde puissent retrouver un peu plus de paix.

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