De l'espoir

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Cela fait trois ans que l'Outaouais accorde ses flûtes dans le dossier de l'éducation postsecondaire. Elle s'est donné une table de coordination, l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais (ACESO). Ce travail de planification régionale a reçu un indice qu'il pourrait donner des fruits. Le ministre de l'Éducation Yves Bolduc a finalement affirmé, hier, que l'Outaouais bénéficierait d'un statut particulier dans le dossier précis de la formation collégiale.

L'ACESO voit évidemment beaucoup plus loin que le seul niveau des cégeps mais il y a là une avancée, prudente certes, mais une avancée que le retard de l'Outaouais en enseignement postsecondaire pourrait se résorber. Il y a raison d'avoir de l'espoir.

Le ministre Bolduc donnait suite à une étude sur l'état de l'enseignement postsecondaire, amorcée sous le gouvernement de Pauline Marois, en 2013. Un des volets de cette étude concernait spécifiquement le niveau collégial. Le rapport de Guy Demers sur la question soulevait spécifiquement la problématique de l'Outaouais. Ses premiers mots sur la région étaient limpides : « La situation de la région de l'Outaouais nous semble mériter une attention particulière. » La suite était encore plus révélatrice.

L'Outaouais compte sur quatre institutions d'enseignement de niveau collégial : le principal est évidemment le Collège de l'Outaouais. Il y a aussi le Heritage College, pour la communauté anglophone, mais aussi le Conservatoire de musique de Gatineau et le Collège pré-universitaire Nouvelles Frontières. Mais leurs limites ont mené à un nombre record de résidents de l'Outaouais inscrits au collège La Cité (autrefois, La Cité collégiale). De 1 166 en 2006, il est passé à 1464, en 2010, selon le rapport Demers.

Avec ses 90 programmes en français, dont « plusieurs d'une durée de deux ans », La Cité permet « de raccourcir la durée de la formation d'un an : il semble que ces avantages aient un effet d'attraction auprès des jeunes et ce, malgré deux inconvénients très importants : le risque de ne pas voir leur formation reconnue au Québec et le fait de devoir payer des frais de scolarité. »

Nulle part ailleurs les jeunes Québécois sont-ils présentés avec l'option de poursuivre leurs études dans une autre province. En ce sens, l'Outaouais vit bel et bien une situation particulière.

(Le rapport Demers n'a exploré que la situation au niveau collégial. Mais nous observons les mêmes conclusions au niveau universitaire. L'offre limitée de programmes à l'Université du Québec en Outaouais ne fait pas le poids devant la concurrence de l'Université d'Ottawa et l'Université Saint-Paul, en français, et de l'anglophone université Carleton. L'ACESO devrait donc attendre avec impatience le rapport sur le chantier universitaire qui devrait, en toute logique, constater le même déséquilibre entre l'Outaouais et le reste du Québec. À suivre.)

Avec sa recommandation de statut particulier que le ministre Bolduc vient d'approuver, le rapport Demers pave la voie à la création de nouveaux programmes d'enseignement collégial à Gatineau. Cette bonne nouvelle est cependant tempérée par la frilosité du gouvernement libéral de Philippe Couillard à l'idée d'investir des fonds publics qu'il essaie d'économiser partout ailleurs. Le ministre Bolduc a été avare de précisions quant aux nouvelles sommes que ce statut particulier pourrait amener en Outaouais. Mais il est parfaitement conscient que rapatrier des étudiants québécois qui songent à La Cité ne se fera pas sans embaucher de nouveaux professeurs, sans construire de nouveaux pavillons.

L'engagement « clair et précis » qu'espérait l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais n'est pas acquis, mais la route est tracée. Sans doute que le ministre de l'Éducation calcule que lorsque tout sera en place dans le réseau collégial de l'Outaouais, les finances publiques du Québec auront été nettoyées et qu'il pourra procéder aux investissements requis.

L'heure n'est pas encore aux grandes réjouissances mais c'est un bon départ.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer