Les «taxis» d'Uber

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Après plusieurs dizaines de villes du monde et du Canada, Uber vient de débarquer à Ottawa. Partout où ce service de taxi clandestin passe, il bouscule l'ordre établi. Il fait face à l'obstruction des organismes de réglementation - à Ottawa, c'est la ville qui dicte les règles de l'industrie du taxi -, aux arguments légaux des avocats et des juges, aux reproches des compétiteurs... et aux regards curieux de clients potentiels, attirés par une aubaine.

Uber est une entreprise américaine qui se défend bien d'offrir un service de taxis pour éviter de se battre sur le terrain centenaire que cette industrie s'est forgée. Au fil des ans, les gouvernements ont mis en place un ensemble de règlements pour s'assurer que les transports étaient sécuritaires, fiables et à prix juste.

À l'époque, un outil pas technologique du tout, une couche de peinture, a suffi pour différencier des taxis fantômes, ou gypsy cabs, à New York. Aujourd'hui, nous sommes à l'ère de l'information et des téléphones intelligents. Uber préfère l'étiquette d'une société de technologie qui utilise la capacité de géolocalisation des téléphones (qui identifient en tout temps où vous êtes) pour mettre en contact un passager et un conducteur à proximité l'un de l'autre.

Vous êtes à l'intersection du chemin Industriel et de la promenade Vanier, par exemple, et vous désirez vous rendre près du parlement d'Ottawa. Vous signalez votre recherche d'un passage sur votre téléphone. Avec un peu de chance, un conducteur branché sur le même logiciel d'Uber, sera alerté de votre présence et pourra vous fera signe qu'il passera vous prendre. Uber promet des tarifs d'environ la moitié de ceux des taxis traditionnels. La transaction se fait virtuellement, par autorisation de paiement sur une carte de crédit. Uber perçoit d'ordinaire 20% du tarif du taxi.

Au coeur du centre-ville, les taxis abondent. Mais loin des attraits touristiques, là où le service est déficient ou lent, Uber pourrait être particulièrement utile.

Évidemment, tout cela est basé sur une masse critique de clients et de conducteurs. C'est pourquoi Uber profite énormément de la vaste campagne de publicité gratuite qui entoure la controverse sur son déploiement dans tous les marchés où elle s'implante depuis cinq ans. Il y aurait déjà 200 villes où Uber compte chauffeurs et abonnés, répartis dans 45 pays. Dans bien des endroits, ça réagit fort. Avec raison. La technologie bouscule nos habitudes et les industries qui se sont construites pour les desservir, et ces dernières cherchent des manières de protéger leur place et leurs revenus. Cela a été vrai pour la musique, les médias, la vente au détail, les services bancaires, etc.

Et la percée qu'Uber tente à Ottawa (et Montréal) pour subtiliser une partie de l'industrie du taxi n'est qu'une étape. Ailleurs, cette société californienne explore des services de livraison de colis, par exemple, en utilisant une variante de la même application du téléphone intelligent. Les soucis de Postes Canada jusqu'ici ne font que commencer.

À Ottawa, le maire Jim Watson et l'état-major de la Ville sont sortis tambour battant pour protéger l'industrie du taxi. Ils mènent une campagne de peur. Ils soutiennent que les véhicules «fantômes» d'Uber ne sont pas nécessairement sécuritaires. Que les chauffeurs n'ont aucun permis ni assurance pour faire ce genre de transport. Vrai. Mais quelques consignes de base de la société Uber suffiront à calmer les craintes de la majorité des consommateurs. Et toute résistance s'avérera, à moyen terme, futile. La technologie est disponible, elle peut très bien fonctionner. La Ville d'Ottawa devrait rechercher des moyens de s'en accommoder... et les compagnies de taxi, penser à se recycler. Quant aux chauffeurs, ils n'ont qu'à s'abonner à l'application d'Uber pour retrouver leurs clients!

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