Nouvelle direction pour l'Ontario

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Pierre Jury
Le Droit

Dimanche, l'Ontario aura un nouveau premier ministre. Comme le Parti libéral forme le gouvernement, le congrès à la direction qui aura lieu à Toronto, en fin de semaine, désignera de facto le nouveau premier ministre et successeur de Dalton McGuinty.

L'histoire du Parti libéral de l'Ontario - et d'autres partis - nous enseigne qu'il est sage de ne pas faire de prédictions trop assurées. Même si deux femmes, Sandra Puppatello et Kathleen Wynne, se partagent un peu plus de la moitié des délégués, rien n'est gagné. Rappelons qu'un négligé peut toujours se faufiler jusqu'en tête: c'est ce qui est arrivé à M.?McGuinty, justement, en 1996. Parti de la quatrième place, il a maintenu sa place et grappillé des votes à chaque tour, pour coiffer Gerard Kennedy à la toute fin.

Ironie du sort, ou entêtement de longue date, M.?Kennedy est encore sur les rangs en 2013. Mais cette fois-ci, il ne part pas comme favori et il doit secrètement espérer qu'il pourra faire le coup qu'il s'est fait faire, il y a 17 ans. Rien de cela ne transparaît à quelques jours de l'ouverture du congrès, cependant.

Deux choses sont à peu près certaines: quiconque dirigera l'Ontario à partir de la semaine prochaine aura un énorme mandat sur les bras. Et des élections pointent à l'horizon afin que les Ontariens soient consultés sur l'orientation future de la province. Même si les libéraux ont remporté les élections provinciales il y a 15 mois à peine, c'est la vision de M.?McGuinty qu'ils avaient endossée, pas celle de Mmes Puppatello ou Wynne, ou l'un des quatre autres hommes dans la course (outre M.?Kennedy, Harinder Takhar, Charles Sousa et Eric Hoskins).

La victoire de M.?McGuinty avait beau être sa troisième consécutive, c'était sa plus serrée, et son gouvernement était minoritaire. Le prochain premier ministre - conservons le genre masculin, pour alléger le texte - voudra, ou devrait, faire reconfirmer cette victoire. Il s'agit d'une question de légitimité du pouvoir.

Le nouveau chef aura malgré tout quelques mois pour se faire connaître des Ontariens et se faire valoir comme premier ministre. Et rebâtir un héritage libéral passablement malmené par la sortie malheureuse de Dalton McGuinty. Il a suspendu les travaux de l'Assemblée législative le temps que son parti se choisisse un nouveau meneur. Il a réglé comme promis l'élimination de centrales énergétiques au gaz à Mississauga et Oakville... à un coût faramineux. Et il a imposé une loi-matraque pour sortir son gouvernement de l'impasse dans ses négociations collectives avec les professeurs des niveaux primaires et secondaires anglophones. C'est sans parler des affaires scabreuses de son administration dans des dossiers comme le service ambulancier par hélicoptères ORNGE, CyberSanté Ontario (e-Health Ontario), la taxe Eco-fee,?etc.

Pour nettoyer l'air ambiant, ce n'est donc pas par surprise que le gouvernement McGuinty a annoncé cette semaine qu'il retirait sa loi spéciale contre les enseignants. Avant de quitter, il aura voulu faire un dernier ménage. Il était bien avisé de le faire; le futur premier ministre n'aura pas à se salir les mains pour nettoyer les saletés de quelqu'un d'autre.

M.?Kennedy pourrait donc se faufiler jusqu'au sommet, mais l'Ontario - à l'image de l'Alberta, de la Colombie-Britannique, du Québec et de Terre-Neuve - semble prêt à confier le pouvoir à une femme. Ce n'est pas trop tôt. Sandra Puppatello et Kathleen Wynne, la première plus à droite de la pensée libérale, la seconde plus à gauche, semblent tout à fait prêtes et compétentes pour le faire. Restera ensuite à convaincre les Ontariens que le Parti libéral s'est suffisamment métamorphosé pour mériter un quatrième mandat. Cela risque bien d'être le plus difficile.

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