Deux choses qui devaient être corrigées

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Pierre Jury
Le Droit

Ce n'est pas un reproche qui s'adresse à ce professeur de droit constitutionnel à l'université McGill: il souffre d'un cancer et son absence à la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction est donc totalement justifiée. Plusieurs fois la commissaire Charbonneau a rappelé que M.?MacDonald suivait les audiences pendant sa convalescence, et qu'il était parfaitement au fait de la situation.

Mais il y avait malgré tout cela une question d'apparence. Les travaux de la commission ont une partie très visible, les comparutions qui se déroulent sous les caméras, et une partie plus obscure. Les contribuables savent la différence mais, de façon générale, ne se forment une idée que sur la partie qui se déroule sous leurs yeux.

Mme Charbonneau et l'autre sous-commissaire, Renaud Lachance, semblent avoir développé une heureuse complicité. L'une intervient à titre de responsable des travaux, et sur toutes les questions d'ordre juridique. M.?Lachance, qui était vérificateur général du Québec, prend davantage la parole lorsque sont abordées les questions comptables et sur les procédures d'éthique.

Les deux ont prouvé qu'ils pouvaient donc fort bien diriger la commission.

Mme Charbonneau a ainsi confirmé ce qu'un peu tout le monde se doutait, lors de la reprise des travaux, hier.

M.?MacDonald demeure à titre de sous-commissaire. Mais «les trois commissaires ont unanimement décidé que la Commission siégerait à deux pour les auditions de la preuve, en conformité avec la loi». La logique prévaut.

Si M.?MacDonald recouvre la santé lorsque la commission entrera dans la phase d'analyse de la preuve et des recommandations, sa contribution sera assurée.

En attendant, la commission Charbonneau avait un autre défi à relever: si elle a provoqué sa part de remous dans les milieux politiques et de la construction, la véracité de certains témoignages écorchait parfois la vérité. Voilà comment s'explique la seconde comparution de Martin Dumont. Ses propos sur le coffre-fort trop plein d'argent dans les bureaux de l'Union des citoyens de Montréal ont rendu la pression intolérable pour Gérald Tremblay qui a peu après quitté son fauteuil de maire de Montréal. Sans doute qu'avec tout ce qui s'est dit par d'autres témoins à la commission, des faits qui ont pu être corroborés, M.?Tremblay n'aurait pas pu se représenter aux prochaines élections municipales, mais il y avait là un fossé entre les faits et les allégations que la commission Charbonneau ne pouvait laisser aller sans répliquer.

Une autre phase de la commission Charbonneau peut donc s'amorcer.

Obama II

En 2009, la seconde inauguration du président Barack Obama avait réuni des centaines de milliers de supporters dans les rues de Washington. L'émotion était palpable dans les regards pleins d'espoir à la vue du premier président noir des États-Unis.

En 2013, les visages étaient heureux mais l'espoir des Américains a été ankylosé par une solide dose de réalisme. Quatre années n'ont pas suffi à ramener leur économie au niveau d'avant 2008.

Le président Obama ne l'a pas eu facile. Il a économisé des milliards en mettant fin aux campagnes militaires en Afghanistan et en Irak mais en a aussi dépensé pour un régime d'assurance-santé suranné qui a divisé son pays. Ses adversaires républicains le font payer en le forçant à flirter avec le précipice fiscal.

Qu'entreprendra-t-il maintenant? Harnacher un peu le port d'armes? La constitution l'en empêchera. Régulariser des millions d'immigrants illégaux? Plus probable. Puis, dans deux ans environ, il sera déjà temps pour lui de préparer le terrain pour un successeur qu'il espérera démocrate.

 

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