Rouvrir un contrat

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Pierre Jury
Le Droit

Gouverner, c'est affronter une série de mandats en apparence insurmontables. Voilà exactement ce à quoi est confronté le gouvernement Marois dans sa gestion des finances publiques. En particulier le dossier des salaires des médecins.

Le Québec a un énorme défi de rééquilibre des finances publiques sur les bras, s'il désire atteindre son objectif de déficit zéro l'an prochain. Et le ministre des Finances, Nicolas Marceau, espère rouvrir l'entente salariale que les libéraux avaient conclue avec les 18000 médecins à l'été 2011. Ce contrat prévoyait des augmentations de l'ordre d'environ 10% pour les deux prochaines années. Généreux? Certainement! Mais l'entente reconnaissait à l'époque le besoin d'accepter l'idée d'un certain rattrapage.

Le ministre parle d'une marge de manoeuvre, d'un étalement sur une plus longue période de temps. Et secrètement, de hausses moins généreuses.

Pas difficile de deviner que les médecins, généralistes comme omnipraticiens, ont vite fait sonner le réveil-matin du ministre. Une collaboration, oui, certains accommodements, peut-être, mais pas beaucoup plus.

On peut les comprendre. Un contrat, c'est un contrat. Quand il fixe des conditions d'emploi, personne n'est trop chaud à l'idée d'en réécrire des bouts. Et puis, l'entente faisait l'affaire des deux parties, à l'époque, non?

Peut-être que Québec pourrait convaincre les médecins de rééchelonner la hausse sur trois ans au lieu de deux. Ses arguments sont minces. Participer à l'effort fiscal du Québec? Les médecins le font déjà en payant des impôts qui frisent le 50%, avec la nouvelle hausse annoncée cette semaine. Ils paieront plus.

Non, l'autre argument pour Québec, c'est de s'attaquer à la parité salariale avec les autres professionnels de la santé au Canada (tout en ménageant les régions frontalières comme l'Outaouais, et son «statut particulier»). Car la parité s'appuie sur une statistique faussée, celle du coût de la vie. Il est différent partout, entre Victoria, Québec, Toronto et Halifax. Pourquoi le salaire devrait-il être égal si le panier de biens essentiels (logement, nourriture et autres services sociaux) coûte beaucoup moins au Québec qu'ailleurs?

Les libéraux ont avalé cette couleuvre en 2011 car ils voulaient une entente à tout prix. Peut-être que les péquistes peuvent faire mieux. Mais cela se fera seulement en balançant le principe de la parité par la fenêtre.

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