Aux urnes!

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Pierre Jury
Le Droit

Aujourd'hui, 4 septembre, c'est jour d'élections générales au Québec. La première depuis 2008. Le jour du choix. Le choix du citoyen quant à la direction que doit prendre la société dans laquelle il évolue.

Il y a longtemps qu'il n'y a pas une lutte aussi serrée entre trois grands partis. Tous les sondages d'opinion leur promettent de récolter chacun au moins 25 % des faveurs de l'électorat, et la présence de plusieurs autres candidats, des indépendants comme des affiliés à des partis, brouille les cartes encore davantage.

Dans des dizaines de circonscriptions, l'écart entre le candidat qui l'emportera et le second ne pourrait être que de quelques centaines de votes, peut-être bien moins.

Le jour de l'élection, il est de coutume de dire que chaque vote compte et qu'il est important que chaque personne en âge de voter exerce son devoir citoyen. Cela est toujours vrai mais il est des élections où c'est encore plus concret car l'issue s'avère plus incertaine encore. C'est le cas au Québec en 2012.

Ce Québec est arrivé à une autre de ses croisées des chemins. Ce n'est pas qu'à cause de l'émergence d'un troisième parti, la Coalition avenir Québec, pour interrompre la querelle à deux que se livrent le Parti libéral et le Parti québécois depuis 1976, soit plus de trois décennies. Non, c'est davantage relié à la vie politique du Québec. Depuis trois ans, la Belle Province est confrontée à un flot continu de sérieuses allégations de corruption, souvent reliées à la névralgique industrie de la construction, qui jette du discrédit sur la classe politique. L'élection du 4 septembre survient alors que viennent à peine de s'amorcer les travaux d'une vaste commission d'enquête dont les conséquences sont inconnues.

Les Canadiens ont bien vu qu'une commission d'enquête peut bouleverser les moeurs politiques d'un pays. Ils ont comme exemple la commission Gomery que le gouvernement de Paul Martin avait instaurée au milieu des années 2000 pour faire la lumière sur le scandale des commandites. Cela a chamboulé l'échiquier politique fédéral.

Peut-être les Québécois entrent-ils dans une période similaire. Ce sera à eux d'en décider.

L'autre élément laissant croire à une croisée des chemins, c'est ce que certains ont baptisé le « printemps érable ». Un vaste mouvement étudiant a pris la rue pour lutter contre une importante hausse des frais de scolarité universitaire. Cette contestation a rallié de larges pans de la société qui sont sortis dans la rue pour protester contre la hausse, mais aussi contre plusieurs orientations de la société québécoise, et contre un projet de loi 78 restreignant le droit de manifester. Ils sont sortis avec une telle force, convaincus de la justesse de leurs positions, que plusieurs, dont LeDroit, ne voyaient qu'une élection générale pour dénouer cette impasse.

En prime, il y aurait peut-être dans cette mobilisation un outil pour lutter contre l'apathie électorale des dernières élections. Rappelons que le taux de participation avait chuté sous les 60 % pour la première fois, atteignant à peine 50 % chez les moins de 45 ans, et à peine un électeur sur trois dans la tranche des 18-25 ans.

Les luttes idéologiques du printemps érable ont été noyées, en partie, dans les nombreux débats qui surgissent en période électorale. Cela fait partie de la réalité électorale : les élections portent rarement sur un seul thème, un choix entre deux options. Ce sont plutôt un éventail de décisions que le citoyen est invité à faire, une fois à tous les quatre ans.

Ce qui n'est pas une excuse pour ne pas aller voter. Une fois dans l'isoloir, le pouvoir repose entre ses mains. Celui de choisir un candidat (ou même de ne pas choisir, ce qui sera au moins comptabilisé ainsi, et non pas comme une abstention sans raison). Et si les choix ne lui plaisent pas, la période entre les élections pourra justement être consacrée à influencer un parti politique dans le sens qu'il le voudra bien.

Mais l'action citoyenne commence aujourd'hui, en se rendant au bureau de scrutin pour exprimer une position.

Aux urnes, citoyens !

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