Rapport discret

Pierre Jury
Le Droit

Au fédéral, et parfois même au provincial, le rapport du vérificateur général suscite généralement beaucoup d'intérêt... pour des choses que nous ne préférerions pas voir. Il n'est jamais plaisant pour le contribuable d'apprendre que l'argent de ses impôts et taxes a été dépensé frivolement.

Le contribuable de la Ville de Gatineau sera donc heureux de constater que le plus récent rapport du vérificateur général municipal ne contient rien de bien compromettant. En a-t-on pour son argent ou l'administration gatinoise est-elle à l'abri de tout reproche substantiel ? Le mystère demeure.

L'an dernier, le vérificateur Alain Girard s'était « trouvé des dents » et c'est avec ses yeux fouineurs que l'on avait constaté que la facture du Rapibus passerait de 233,6 à 270 millions $, à l'encontre de l'avis de la Société de transport de l'Outaouais.

Ce rapport était son deuxième. Le premier avait été discret : il venait d'arriver en poste.

Son dernier rapport, rendu public hier, reprend dans la discrétion. Il s'est attardé à deux thèmes, l'inventaire des terrains contaminés sur le territoire de la Ville de Gatineau, et les retards dans l'émission des permis d'affaires. Les « erreurs » administratives qu'il reproche aux autorités municipales sont substantielles mais outre les clientèles concernées, ne susciteront pas grand intérêt.

Est-ce que parce que M. Girard est un homme discret qu'il livre un deuxième rapport qui accumulera de la poussière sur les tablettes ? Ou est-ce parce que Gatineau est si bien gérée ? On en doute.

Au Québec, l'attention est tournée vers la commission Charbonneau qui doit faire la lumière sur la collusion et la corruption dans le secteur de la construction, tout en gardant un oeil sur les liens de cette industrie avec le monde politique.

Gatineau, ville qui a connu une croissance de 15 % depuis la fusion de 2002, a vécu plusieurs chantiers d'importance. Deux administrations municipales se sont succédé. Et il n'y aurait rien à déterrer dans tout cela ? Voilà qui semble bien improbable, tout en souhaitant que ce soit vrai.

Pas besoin du Canada

Les économies du monde entier sont passablement intégrées les unes aux autres et ce qui arrive à un bout du globe peut avoir des conséquences insoupçonnées à l'autre bout. Alors quand c'est tout un continent comme l'Europe dont les assises économiques sont bouleversées, il est évident que le Canada est affecté.

Le Fonds monétaire international est l'une des bouées auxquelles l'Union européenne a eu recours pour contrer l'effondrement de l'économie grecque, et qui pourrait jouer un rôle dans les autres pays affaiblis par la crise financière.

Le FMI a demandé un coup de main aux pays contributeurs. Les États-Unis et le Canada ont refusé. Stephen Harper a dit que l'Europe avait assez de ressources pour se sortir de ce pétrin.

Sur cette question, le premier ministre a raison.

Le Canada est au milieu d'un effort magistral de redressement de ses finances publiques. Tous les ministères sont touchés, la fonction publique écope, et des centaines d'autres communautés à travers le pays sont confrontées à des politiques d'austérité, à de nouvelles règles de l'assurance-emploi, à un durcissement futur des prestations de retraite, etc.

Sans vouloir donner des leçons au reste du monde, plusieurs des pays ébranlés par les soubresauts de la récession de 2008 auraient gagné à mettre en place de semblables mesures.

L'Europe compte encore d'énormes moteurs économiques, dont l'une des puissances mondiales en l'Allemagne, bien plus influente que le Canada. Ensemble, les pays de la zone euro ont à peu près toutes les ressources pour mettre en place les mesures de redressement de leur monnaie. Il ne manque qu'un peu de volonté politique.

Certes, le Canada profitera de la relance de l'économie européenne. Mais ce ne sont pas les sous des Canadiens qui feraient une grande différence.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer