Mais au moins il n'a pas reçu les mauvaises nouvelles qu'il pouvait craindre et qui l'auraient encouragé à repousser l'échéance électorale au maximum, soit à la fin de 2013.
Le conflit étudiant est encore bien présent. Nous traversons une légère accalmie mais rien n'est réglé sur le fond. Le retour en classe des cégeps, à la mi-août, devrait raviver le débat. Et seul un gouvernement nouvellement élu, avec un mandat clair dans le dossier étudiant, permettra une sortie de crise acceptable pour tous.
Compte tenu de toute la mobilisation étudiante des derniers mois, les libéraux auraient pu s'attendre à un mouvement important dans les rangs étudiants pour l'humilier dans les circonscriptions de LaFontaine, à Montréal, et Argenteuil, à la frontière entre la Petite-Nation et les Basses-Laurentides. Aucune mobilisation chez les jeunes, de toute évidence, avec des taux de participation de 42% dans Argenteuil et de 25% à Montréal. Où étaient les leaders étudiants pour faire sortir le vote, surtout à Montréal, où se sont concentrés la protestation et le concert de casseroles?
Qu'est-ce que cela pourrait augurer pour une élection générale? Voilà la première réponse que M.?Charest n'a pas obtenue.
À tout le moins, le premier ministre peut dire: ouf. Parce que ç'aurait pu être bien pire.
Aux deux endroits, le Parti québécois a obtenu à peu près son score «traditionnel». La chef Pauline Marois jubile du gain de son parti dans Argenteuil, une circonscription que son équipe a ravi après quatre décennies de règne libéral. Comme survivante après une tentative de putsch au sein de ses troupes depuis un an, Mme?Marois doit célébrer les victoires là où elles surviennent, et ne pas trop analyser pourquoi elles sont survenues. Parce que ça pourrait la ramener sur terre en démontrant que ce n'est pas tant le PQ qui a gagné que le PLQ qui a perdu une course à trois.
La Coalition Avenir Québec (CAQ) s'avère, on le constate à la lueur des résultats de ces partielles, encore un grand mystère pour les électeurs. Ils n'ont certainement pas vu dans le tout nouveau parti la valeur refuge que François Legault cherche à incarner depuis plus d'un an. La population se doute que la CAQ est un peu à droite mais elle a de la difficulté à savoir si elle est fédéraliste ou souverainiste (elle se dit ni l'un ni l'autre, ayant seulement annoncé que l'option nationale était mise en veilleuse pour 10 ans). Mais quand elle a comme candidat des gens associés à la cause souverainiste comme l'ex-député fédéral du Bloc québécois Mario Laframboise, la population ne sait plus.
La CAQ n'a joué aucun rôle dans LaFontaine et était loin de la tête dans Argenteuil. Mais au moins là, ses 21% du vote ont permis de brouiller un peu les cartes. Le fait-elle mieux, ou moins bien que l'Action démocratique du Québec à laquelle la CAQ a succédé? Voilà la deuxième réponse que M.?Charest n'a pas obtenue.
Quant à Québec solidaire, avec environ 500 votes dans chacune des deux circonscriptions, elle n'a pas fait sa marque. Le parti de Françoise David et Amir Khadir demeure encore un phénomène très marginal, tant par ses appuis que par les régions où il pourrait jouer un rôle.
Dans une élection générale qui pourrait avoir lieu dès la mi-septembre, selon les dernières rumeurs, personne ne peut vraiment dire que les carottes sont cuites pour aucun des trois principaux partis de cette élection. Et ça, c'est une non-réponse à Jean Charest... mais dont il pourra au moins se réjouir. Parce que le Parti libéral du Québec, malgré tout le bagage négatif qu'il transporte sur ses épaules, pourrait former le prochain gouvernement.