Comment rembourser?

Pierre Jury
Le Droit

La Ville de Gatineau considère gonfler encore davantage sa dette, et utilise comme argument la nature passagère d'un programme d'infrastructures financé en partie par Québec. Ce n'est pas une erreur en soi: parfois, il y a des aubaines qui passent et qui concernent des biens essentiels, qu'il serait mal avisé de laisser passer.

Mais le conseil municipal doit agir avec sagesse et accompagner cet alourdissement de son passif d'au moins une amorce de plan d'austérité budgétaire. Il est trop facile de simplement prétendre que le programme d'infrastructures est une occasion à ne pas rater et que «ça vaut la peine», comme l'a qualifié le maire Marc Bureau.

Gatineau, rappelons-le, fait face à un «déficit caché» de 1,2 milliard$ dans l'entretien des routes, égouts, aqueducs et édifices publics. Il y a quelques mois à peine, le conseil municipal songeait alourdir les impôts fonciers de 2% pour 10 ans.

Là, la Ville s'apprête à alourdir son passif d'un autre 40 millions$, l'équivalent d'un autre 1%. La dette est déjà à quelque 520 millions$.

Selon le conseiller Yvon Boucher, ce sont 150 millions$ que Gatineau a ajoutés à sa dette au cours des dernières années. Il a tout à fait raison d'aviser la prudence.

Gatineau a d'énormes besoins. Des besoins pour satisfaire une ville en croissance, et des besoins pour rénover ses vieux quartiers. Malgré les nuages du budget fédéral et de son impact sur l'emploi chez les Gatinois, la ville du maire Bureau traverse des années d'une certaine aisance. Ces périodes sont le moment propice pour s'attaquer à la dette. Donc à toute dépense d'importance qui risque d'ajouter à la dette, le conseil municipal devrait élaborer un plan - s'y tenir! - pour la ramener à la baisse.

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