Budget à oublier

Pierre Jury
Le Droit

Le ministre québécois des Finances, Raymond Bachand, s'est bien défendu de présenter un budget électoral. Il a presque réussi. Son budget ne passera pas à l'histoire, sauf pour l'introduction du Régime volontaire d'épargne-retraite, qui vient potentiellement régler un problème pour les travailleurs dont les entreprises n'offrent pas de régime de retraite.

Les dépenses de l'État sont généralement sous contrôle. Bien sûr, la dette accumulée augmente un peu trop vite et elle est rendue à 183,8 milliards $. Par chance, les taux d'intérêts sont si bas que le Québec profite d'un répit.

Plusieurs anticipent une élection d'ici six mois ce qui explique toutes ces hypothèses à propos d'un budget rédigé pour ne pas faire trop mal. La « mauvaise » nouvelle, du point de vue des contribuables, avait été annoncée l'année dernière, et il s'agissait de la contribution santé. Maintenant que cela fait partie du paysage, le but du ministre Bachand était de livrer un budget sans grande envergure. Ce qu'il a fait.

Par ailleurs, nous ne pouvons ignorer les comparaisons inévitables entre le Québec et l'Ontario, où le budget sera déposé mardi prochain... et promet de faire mal. Sans parler de celui du fédéral, dans une semaine, qui ne promet pas de cadeaux non plus. Bref, la situation du Québec était enviable et le ministre pouvait se permettre un budget sans histoire.

Les vraies décisions, elles se prendront dans les années qui viendront, alors qu'il faudra bien s'occuper de la dette accumulée, et des dépenses combinées de la santé et de l'éducation qui grugent maintenant 56 % du budget.

Un débat qui se fera peut-être avec un autre gouvernement à la barre...

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