Agonie ou relance?

Pierre Jury
Le Droit

près la pire dégelée de son histoire, le Parti libéral du Canada tient un congrès biennal, cette fin de semaine, à Ottawa. Selon le point de vue, nous assistons aux derniers sursauts de la lente agonie d'un parti autrefois pertinent, mais qui s'est égaré dans les querelles intestines et qui s'est accroché à un programme électoral dépassé. À moins que ce ne soit les premiers pas d'une relance qui s'annonce longue et difficile.

Une chose est sûre: depuis quelques mois, le Parti libéral va mieux. À la Chambre des communes, il a profité de la virtuelle absence du Bloc québécois et d'un Nouveau Parti démocratique embrouillé sans son chef Jack Layton. Bob Rae, fier d'une longue expérience parlementaire à Ottawa comme à l'Assemblée législative de l'Ontario, a permis aux troupes libérales de se faire voir à la période de questions et de marquer des points contre un gouvernement conservateur parfois arrogant à diriger le pays à sa façon.

Le Parti libéral n'est pas sorti du bois. Pour le moment, il ne fait que s'opposer aux idées conservatrices - c'est le rôle d'un parti d'opposition - et c'est le silence quant à ce qu'il pourrait mettre de l'avant s'il était au pouvoir. En fait, c'est tout le programme libéral qui doit être refait et les quelques idées qui seront discutées en fin de semaine sont pour la plupart du réchauffé des 15 dernières années. Les fidèles s'ennuieront du Livre rouge de 1993 mais ce n'est pas en le dépoussiérant que le Parti libéral préparera sa relance dans un nouveau millénaire.

Mais il y a des indices positifs. D'abord, le nombre de libéraux qui participeront à la biennale. Avec 2500 inscrits, le PLC indique qu'il a encore une grosse équipe de sympathisants. Reste juste à voir s'ils sont présents dans tous les coins du pays, et pas juste de l'Ontario et des Maritimes. Il y a des efforts de financement qui commencent à porter fruit.

Enfin, il y a la question du futur chef du parti. Cette rencontre n'est pas un congrès au leadership mais on y préparera le terrain. Et jusqu'à maintenant, Bob Rae montre des signes qu'il est capable de mettre derrière lui son triste héritage de premier ministre de l'Ontario, lorsqu'il défendait la bannière du NPD.

De tous ces éléments pourrait émerger une énergie nouvelle et redonner goût à des Canadiens de s'investir dans ce parti historique. Ou leur confirmer qu'il faut définitivement en tourner la page.

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