La décision de l'arbitre Lorne Slotnick est fort bien documentée et son argumentation défendable. Il en vient à une conclusion logique : « Si on ne peut montrer que les patients, le personnel ou l'hôpital ont subi un préjudice, les restrictions sont une violation du droit des employés de se présenter comme bon leur semble. »
L'arbitre comprend que des patients puissent avoir une première impression plus négative d'un membre du personnel de l'hôpital qui porte un tatouage ou un piercing, et que l'absence de plainte ne signifie pas qu'il n'y a pas un malaise.
À juste titre, l'hôpital a soutenu que la première impression d'un patient en situation de stress est importante. « Dans un environnement de soins de santé, la liberté d'expression des employés doit céder le pas quand les gens luttent pour leur vie. » Or, l'arbitre n'est pas d'accord que cette première impression à la vue d'un employé tatoué puisse avoir de conséquences sur sa guérison.
Ce qu'on déplore dans la décision de l'arbitre, c'est qu'il ne fait pas assez de cas des sensibilités des patients dans une situation de vulnérabilité parfois extrême. Ne lui en déplaise, les excès d'accoutrements, de vêtements, de parfums, de tatouages et de bijoux sont parfois de véritables agressions pour des patients, et pas uniquement des personnes âgées. Le parfum trop envahissant qui donne des nausées à un patient, c'est une agression. Tous les droits de la personne et les sentences arbitrales les mieux articulées ne pourront jamais en faire abstraction.