L'armée au secours...

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C'est écrit noir sur blanc dans la Stratégie de défense Le Canada d'abord qui date de 2008. L'une des six « missions essentielles » de notre force militaire est d'« appuyer les autorités civiles en cas de crise au Canada, par exemple en cas de catastrophe naturelle. »

Pourtant, il semble bien qu'on devra y apporter des nuances à la lumière de la décision, prise à l'été 2012, de facturer aux provinces et aux communautés locales certaines interventions des Forces canadiennes à l'occasion de sinistres comme la crise du verglas, les inondations du Richelieu, le déluge du Saguenay ou les crues de la rivière Rouge.

Dans un langage aussi grandiloquent que religieux, cette stratégie affirme que « les Forces canadiennes seront en mesure de remplir les engagements du gouvernement du pays et de relever l'ensemble des défis reliés à la défense et à la sécurité maintenant et pour l'avenir. » On serait tenté de dire Amen ! si, dans les faits, il ne s'agissait que de formules creuses aux graves conséquences pour certaines communautés frappées par des catastrophes.

Car l'effet pervers d'une telle décision essentiellement budgétaire pourrait être de retarder l'intervention de l'armée au moment où les communautés en ont le plus besoin.

La semaine dernière, le député Chris Alexander, secrétaire parlementaire du ministre de la Défense, Peter McKay, déclarait que, pour les forces canadiennes, l'aide en cas de désastre est secondaire par rapport à la fonction première qu'est « la défense du Canada. » « En termes budgétaires, ce n'est pas le rôle dominant ou le rôle principal des Forces canadiennes », affirmait-il. Dans les six missions « essentielles » de l'armée, l'appui aux autorités civiles vient en quatrième place, AVANT les opérations internationales importantes durant une période prolongée et, en sixième lieu, la réponse à une crise étrangère pour une courte durée.

Même s'il est beaucoup moins flamboyant de remplir des sacs de sable ou monter des tentes, l'aide aux communautés sinistrées est une fonction essentielle d'une armée, dite de paix. Or la Stratégie de défense, qui aura coûté 490 milliards $ d'ici 2028, ne peut faire abstraction de l'histoire et de la vocation d'après-guerre de l'armée canadienne. C'est ainsi que nous nous sommes fait valoir tant au Canada qu'à l'étranger.

Facturer les communautés en fonction du cas par cas pour les sommes additionnelles d'une intervention intérieure de l'armée canadienne relève davantage du cynisme comptable que de la volonté de servir. Mieux vaut s'abstenir.

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