S'endetter pour économiser

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Il y a une contradiction flagrante dans le comportement des consommateurs, en apparence rationnels, qui se sont précipités hier par milliers dans les magasins pour «faire des économies».

Par cette consommation effrénée, la plupart des consommateurs rajoutent une couche sur un endettement personnel qui a atteint un niveau record en 2012. Hier, 62% des Canadiens ont cédé à la folie du Boxing Day. Cette année, les consommateurs canadiens dépenseront en moyenne 1600$ pour leurs emplettes des Fêtes.

Ce n'est donc pas un hasard que, selon Statistique Canada, le ratio d'endettement des ménages par rapport à leur revenu disponible ait atteint le niveau record de 164,6 pour cent. Au moment où on nous annonce des hausses de taxes et de tarifs pour 2013, on se précipite pourtant dans les magasins soi-disant pour faire des économies... après avoir dépensé sans compter pour Noël.

Or, faire une économie, c'est quand même dépenser. La télé de 700$ qu'on paye 350$ représente bien une dépense de... 350$. Ce qui est comptabilisé sur le compte de la carte de crédit, ce n'est pas l'économie, mais bien la dépense. Et s'endetter avec la satisfaction illusoire de faire des économies n'est pas un investissement mais plutôt un trou encore plus profond dans lequel s'enfonce le consommateur.

Dans quelques jours prendront effet des hausses de taxes, de tarifs et de cotisations tant en Ontario qu'au Québec: contribution santé, taxe sur le carburant, hausses de taxes municipales, prix du permis de conduire, prix des cigarettes, des vins et spiritueux, cotisations à l'assurance-emploi, coût du passeport canadien. Sans oublier une augmentation des frais de scolarité que le gouvernement québécois imposera après le Sommet sur l'éducation. En outre, la flambée des prix de l'alimentation grèvera le budget de tous les ménages canadiens.

Beaucoup de gens sont descendus dans la rue au printemps dernier pour protester contre une hausse des frais de scolarité qu'ils jugeaient intolérables. Hier, des consommateurs par milliers sont descendus sur les centres commerciaux hier pour faire des économies en s'endettant davantage. L'an prochain, ils paieront plus cher leurs taxes, leur alimentation et leurs produits de première nécessité. On dit du consommateur qu'il adopte un comportement rationnel. Il semble bien que la fête de Noël et son orgie de consommation soit la coûteuse exception qui confirme la règle.

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