Divergences d'unanimité

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Le budget 2013 de la Ville de Gatineau ne présente guère de changement par rapport aux tendances ou même au contenu des dernières années. Il ne faut pas s'en étonner car l'approche budgétaire se décline à partir du plan financier à long terme en prônant prudence, réalisme et croissance raisonnable. Du déjà-vu.

Même s'il franchit le cap du demi-milliard$, ce budget ne laisse que peu de prise à la critique fondamentale puisque les Gatinois se sont habitués à des augmentations régulières et raisonnables de leur compte de taxe sans trop rechigner. Cette philosophie s'applique depuis quelques années déjà sans qu'elle n'ait donné lieu à des déchirements, sauf en période électorale où il est de mise de s'opposer pour montrer sa différence.

À un an des élections municipales de novembre 2013, la présence du parti municipal Action Gatineau dans le décor politique change la donne, mais ne provoque pas de divergences majeures dans les grandes orientations de ce budget. La raison en est fort simple. Pour l'instant, le nouveau parti ne dispose pas du levier politique lui permettant d'opérer de véritables changements qui ne verront le jour que s'ils effectuent une plus grande percée.

Pourtant, il y a des différences philosophiques importantes entre ce que propose ce budget et les grandes orientations d'Action Gatineau. Ce qui est tout à fait normal.

Une augmentation de 2,5% du compte d'impôt foncier des Gatinois ne représente pas un fardeau insupportable dans la mesure où on y a conditionné les contribuables. Par contre, aurait-on pu faire autrement? Et comment? La sagesse de l'intendance de Marc Bureau est justement dans la mesure du raisonnable.

Il y a deux semaines, les conseillers ont débattu en public pendant deux jours d'un budget de 521 millions$ qu'ils ont approuvé hier sans grand changement majeur, si ce n'est d'un demi-million$ pour des trottoirs manquants. La raison en est fort simple: le processus budgétaire est un exercice complexe qui dure toute l'année si on veut éviter les mauvaises surprises. C'est donc en amont et non en aval qu'il faut travailler.

Pourquoi alors faire un débat qui n'en est pas un puisqu'il n'y a si peu à décider? Par exemple, la ville a chargé une commission importante pour procéder à un exercice de révision des dépenses et des services. Cette remise en question essentielle devrait être présentée sous peu, mais trop tard pour influencer ce budget 2013 qui est pourtant le budget électoral.

Un budget municipal est beaucoup plus qu'un exercice d'équilibre de dépenses et de revenus ainsi qu'une énumération d'investissements. En soi, la Ville de Gatineau fait le travail. Il y en a pour un demi-milliard$. Mais une ville, c'est surtout le premier milieu de vie des citoyens. On pourrait copier-coller le discours du budget d'une année à l'autre sans qu'on ne sente une véritable différence dans l'approche, la direction ou l'architecture du budget. Une comparaison des revenus et des dépenses par rubrique ne montre que peu de différence d'une année à l'autre, si ce n'est une légère baisse de la proportion des revenus venant des taxes foncières dans la tarte des revenus de la ville.

Un changement important de ce budget 2013 porte sur les immobilisations payées comptant qui passent de 31 à 45 millions$. C'est une décision budgétaire qui est judicieuse et parfaitement défendable. Mais d'abord et avant tout, elle est un choix qui implique de diriger des ressources à des endroits plutôt qu'à d'autres. C'est au coeur de la division au conseil.

Car ce conseil demeure divergent sur des lignes à tendance idéologique. Ce qui est tout à fait normal et même souhaitable. Il ne faut pas en faire tout un plat. C'est l'unanimité qui représente le plus grand danger de la démocratie municipale. Les visions doivent différer et c'est une bonne chose. Il ne faut pas que les discours de fin du monde donnent l'impression que les divergences sont irréconciliables. Elles ne le sont pas. Ce serait une grave erreur que de croire que l'unanimité est un signe de santé démocratique. Gatineau est bien gérée malgré ses tiraillements.

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