La qualité du français

Pierre Allard
Le Droit

On nous permettra de juger avec une certaine suspicion les coupes d'emploi annoncées récemment au Bureau de la traduction du Canada. L'enjeu, en effet, ne se limite pas au gagne-pain d'une quarantaine de personnes. C'est en soi important, mais ce que font ces personnes l'est encore davantage, car, dans un pays à forte majorité anglophone comme le Canada, la traduction se fait surtout dans un sens : de l'anglais vers le français.

Les traducteurs ont donc comme mission, chez nous, de donner aux institutions fédérales et à leurs documents imprimés et électroniques un visage français qu'ils n'auraient pas autrement. Quand on n'introduit pas des aberrations comme Google Translate, ce qu'avait fait l'an dernier la GRC, le boulot est habituellement très bien exécuté. De fait, depuis sa fondation en 1934, le Bureau canadien de la traduction a acquis une expertise exceptionnelle et une renommée mondiale.

Alors, quand on coupe des postes au Bureau de la traduction, on risque de mettre en péril cette expertise et la seule langue qui en souffrira, c'est le français. Le ministère des Travaux publics, responsable du Bureau de la traduction, a laissé entendre que les pertes d'emploi sont liées à une réduction dans la demande de traduction. Cela signifie que d'autres coupes, associées cette fois à l'exercice en cours de réduction de la taille de l'État, peuvent être attendues.

Si, ainsi qu'on nous l'assure, ces premières coupes n'ont pas d'impact sur la qualité du français traduit, les secondes risquent, quant à elles, de perturber un équilibre perçu comme fragile. La prudence s'impose.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer