Les cendres de Phénix

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Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Jean Gagnon
Le Droit

ÉDITORIAL / Chose rare en politique canadienne, le gouvernement fédéral s'est excusé lundi auprès de quelque 80 000 fonctionnaires qui ont dû vivre - et dans certains cas, survivre - avec les défaillances de Phénix, le nouveau système de traitement de la paie de ses employés.

Dès la mise en place de Phénix amorcé sous l'ancien gouvernement conservateur au coût de 300 millions $, la sonnette d'alarme était tirée par l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) qui craignait déjà, en juin 2013, qu'un manque de ressources humaines et une formation inadéquate des employés ne se traduisent par des retards dans le traitement des paies des fonctionnaires fédéraux.

Malgré l'inquiétude syndicale, Ottawa martelait en mars dernier que la mise en service de la phase I de Phénix s'était déroulée avec succès, hormis quelques problèmes mineurs rapidement réglés.

Un mois plus tard, l'AFPC demandait de retarder la mise en service de la phase 2 de Phénix qui ajoutait 170 000 nouveaux comptes d'employés aux 125 000 déjà actifs. Le gouvernement fédéral ne voyait alors pas pourquoi il fallait remettre à plus tard cette deuxième phase d'implantation.

Ce n'est qu'en juin qu'Ottawa a commencé à entendre raison. Il a d'abord reconnu l'existence d'un problème qui a causé tant de préjudices salariaux à des milliers de fonctionnaires, puis a annoncé l'embauche de ressources supplémentaires pour pallier au plus urgent. Puis sont venues les excuses. Il en aura fallu du temps pour réagir. Beaucoup trop de temps.

Au-delà des excuses, au-delà aussi des dédommagements promis, il faudra voir comment un tel gâchis aurait pu être évité. Peut-être que l'équipe d'enquêteurs du vérificateur général Michael Ferguson pourra  faire toute la lumière, afin que le Phénix puisse renaître correctement de ses cendres.

La roulette russe

ÉDITORIAL / Chose rare en politique... (Andy Wong, Archives AP) - image 3.0

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Andy Wong, Archives AP

S'il faut en croire le récent rapport indépendant commandé par l'Agence mondiale antidopage, la Russie a érigé la tricherie en système étatique, avec l'implication de ses services secrets et dirigeants politiques, lors des Jeux olympiques présentés au pays de Vladimir Poutine à l'hiver 2014.

Réuni d'urgence mardi, le Comité international olympique (CIO) a choisi de mandater les fédérations sportives internationales pour statuer dans cette affaire.

Soit qu'on interdit aux athlètes russes de prendre part aux prochains Jeux de Rio de Janeiro, au risque de brimer les droits individuels des sportifs de ce pays qui ne sont d'aucune façon impliqués dans ce scandale. Soit qu'on accepte la présence de la délégation russe, au risque de jeter à tout jamais un climat de méfiance vis-à-vis de la valeur réelle des médailles.

La décision du CIO de ne pas trancher sur cette question n'est pas la plus courageuse, étant donné qu'il y a urgence puisque nous sommes à moins de 20 jours de l'ouverture des Jeux de Rio.  

Il faut tirer une leçon des événements survenus à Sotchi en 2014. Puisque c'est l'État russe qui a érigé ce système frauduleux de dopage systémique, c'est la Russie tout entière qui doit en payer le prix.  

Laisser les fédérations sportives internationales jouer à la roulette russe avec le sort des Jeux de Rio constitue un risque potentiellement mortel pour le mouvement olympique. Le CIO paierait alors un prix élevé pour son forfait.

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