Ombre sur la Ville lumière

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Jean Gagnon
Le Droit

ÉDITORIAL/ La Ville lumière s'est éteinte une deuxième fois en 2015 à la suite d'actes de barbarie - ces mots sont d'abord ceux du président français François Hollande - qui ont fait près de 130 morts et quelque 340 blessés, selon les premiers bilans dressés par les autorités.

Déjà traumatisés par les attentats perpétrés en janvier dernier dans les locaux du magazine satirique Charlie Hebdo et d'un supermarché casher, les Parisiens peinent à se relever de l'horreur vécue au Bataclan, au Stade de France et dans des cafés du Xe et XIe arrondissements.

Les terroristes ont atteint leur objectif. Plus que la mort, ils ont semé la terreur, ont provoqué le chaos. Ils ont frappé les Parisiens dans leur quotidienneté.

Encore une fois, la sécurité sera rehaussée d'un cran, en France comme ailleurs.

Malgré toutes les mesures sécuritaires qui seront instaurées, que peuvent faire des nations, dont les fondations reposent sur des principes d'état de droit, pour combattre des terroristes qui, eux, ne respectent aucune loi?

Irak, Syrie, Londres, Madrid, Kaboul, Moscou, Égypte et autres Paris: voilà autant d'endroits durement frappés par le terrorisme au cours des 10 dernières années. Ni les mesures de sécurité augmentées ni les frappes aériennes en terres islamistes n'ont pu arrêter ceux qui veulent déstabiliser au point de tuer froidement et gratuitement.

Nouvellement élu à la tête du gouvernement canadien, Justin Trudeau vit son premier test de realpolitik. En Turquie afin de participer à son premier grand rendez-vous international, il devra résister aux pressions de plusieurs de ses homologues qui voudront voir le Canada maintenir sa participation à la coalition de pays occidentaux qui tentent militairement, par des attaques aériennes, d'affaiblir l'État islamique.

Ils seront aussi plusieurs - on entend déjà leurs voix - pour réclamer la fermeture des frontières aux migrants. Une telle réaction ne réglera rien. Les Syriens et les autres qui fuient les conflits meurtriers qui ravagent leurs pays continueront à s'agglutiner par dizaines de milliers aux portes grillagées et barbelées de l'Europe.

Avec justesse, le premier ministre du Québec, Phillipe Couillard, comme de nombreux autres rappelait que ces migrants ne quittaient pas leurs pays par choix. Victimes, ils fuient des contrées où les conflits détruisent, affament, blessent et tuent sans distinction. De telles raisons devraient suffire à elles seules pour justifier la mise en oeuvre de politiques afin d'accueillir les déshérités.

Nous sommes Charlie, certes. Nous sommes Paris. Mais nous sommes aussi Bagdad, Damas, et également migrants. Et nous ne sommes pas djihadistes. La loi du talion n'est pas la nôtre.

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