Paisible Ottawa!

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Jean Gagnon
Le Droit

Décidément, les services policiers d'Ottawa, y compris ceux de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ont rarement été autant sollicités.

Depuis l'attentat terroriste du 22 octobre dernier, qui a coûté la vie au caporal Nathan Cirillo, abattu par Michael Zehaf Bibeau alors qu'il montait la garde d'honneur devant le Monument commémoratif de la guerre, les événements ne cessent de se bousculer dans la capitale.

À la lutte au gangstérisme de rue et aux nombreuses fusillades qui résonnent dans certains secteurs de la ville, s'ajoutent l'arrestation de trois jeunes hommes d'Ottawa soupçonnés de possibles activités terroristes. Et hier matin, vers 8 h 20, la police mettait un terme à l'état de siège qui durait depuis une dizaine d'heures à l'hôtel Chimo, situé à un jet de pierre du centre commercial Saint-Laurent et de l'autoroute 417.

Au moment d'écrire ces lignes, on sait encore peu de choses des motivations de l'individu assiégé, un chimiste américain qui arrivait de la Nouvelle-Écosse, là où des quartiers de deux localités avaient été évacués en raison de la présence de substances chimiques dangereuses dans des résidences.

Est-ce le même homme dont il s'agit ? Tout indique que oui. Quelles étaient ses intentions ? Avaient-ils ou pas des substances chimiques potentiellement menaçantes pour la sécurité de la population, lui que certains médias présentent comme un ancien expert en armes biochimiques de l'armée américaines ? Étaient-ils sur une quelconque liste d'individus à surveiller ? Étions-nous en face d'un comploteur, d'un terroriste, d'un détraqué ? Toutes ces questions et bien d'autres n'avaient pas encore trouvé de réponses définitives, la police se faisant très avare de commentaires.

Évidemment, les événements d'hier ont de quoi troubler. Un hôtel de 250 chambres, établi en proche périphérie du centre-ville, qui a dû être évacué en pleine nuit, un large périmètre de sécurité établi, la présence sur place d'une dizaine de véhicules ambulanciers prêts à servir, il n'en faut pas davantage pour exciter des citoyens déjà sous le choc des événements d'octobre 2014.

Ottawa n'est plus la paisible capitale que l'on se plaisait à ridiculiser par le passé. La ville du maire Jim Watson est sur le point de joindre les rangs des municipalités comptant un million d'âmes. Elle abrite de nombreuses ambassades. Sa population est de souche, mais aussi d'origine chinoise, jamaïcaine, burkinabé, francophone, autochtone et britannique.

Le gouvernement canadien qui y siège livre présentement une lutte aérienne armée en Irak. Son ministre des Affaires étrangères, John Baird, manifeste avec les émeutiers dans les rues de Kiev, en Ukraine, et appuie avec peu de réserve Israël dans le douloureux conflit qui oppose Jérusalem à la Palestine. Autant de raisons qui peuvent éveiller les passions

destructrices d'individus radicalisés, fanatiques, détraqués.

Faut-il pour autant se sentir menacé ? Il faut s'en inquiéter, certes. Mais il ne faut surtout pas paniquer. Il ne faut pas céder à la tentation de tout sécuriser au risque de tout aseptiser.

Sombrer dans la démesure sécuritaire à tout crin, comme nous y invite souvent le gouvernement conservateur de Stephen Harper qui en a fait son credo, c'est aussi courir le risque de voir les libertés de tout un chacun bafouées, peu importe la justification invoquée.

Il ne faut pas succomber à la peur qui, au final, paralyse. Il faut plutôt investir de plus belle dans ce vivre ensemble qui fait de nos collectivités des endroits où il fait bon vivre.

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