L'exemple de Denholm

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Jean Gagnon
Le Droit

Petite localité sise entre les routes 307 et 105, Denholm peine à desservir ses quelque 650 citoyens en raison de problèmes financiers. L'abolition de sa modeste unité de lutte contre les incendies, rendue nécessaire à la suite de la démission du chef des pompiers et de toute son équipe, montre à quel point le conseil municipal de l'endroit n'a plus les ressources suffisantes pour offrir les services essentiels à sa population.

Certaines solutions s'offrent à lui. La première, la plus viable à court terme, est de négocier des ententes de service avec certaines autres localités avoisinantes. La seconde, jamais populaire, consiste à augmenter substantiellement l'impôt foncier de ses contribuables. La troisième, évoquée dans nos pages par le maire Pierre Renaud, nécessite une fusion avec Val-des-Monts, peut-être Low, ou encore un morcellement du territoire de Denholm. Le problème est pourtant plus profond.

Le Québec compte 1112 municipalités sur son territoire. En Ontario, le nombre de municipalités n'est que de 444. Les dernières statistiques démographiques disponibles révèlent que l'Ontario compte en moyenne 30 119 habitants pour chacune de ses entités municipales contre 7175 au Québec.

Au début des années 2000, le Québec et l'Ontario ont procédé, dans la controverse, à une profonde réorganisation de leur territoire municipal. Ottawa est devenue une grande capitale, englobant entre autres Kanata, Gloucester, Nepean et Vanier. Gatineau, elle, est née de la fusion des anciennes villes de Buckingham, Masson-Angers, Gatineau, Hull et Aylmer.

Force est de constater que Québec n'est peut-être pas allé assez loin et qu'il y a toujours trop de municipalités. Ce constat avait d'ailleurs été posé il y a 35 ans, à l'époque du débat sur la création des municipalités régionales de comté (MRC), ces entités administratives supralocales.

À elles seules, les MRC Papineau et de la Haute-Gatineau regroupent 41 municipalités et territoires pour une population d'environ 42 000 âmes, une moyenne approximative d'à peine plus de 1000 habitants par localité.

Certains grincent déjà des dents juste à l'idée d'entendre les mots fusion, annexion, regroupement. L'expérience des dernières fusions, décriée haut et fort par l'opposition libérale de l'époque en raison de son caractère forcé, en a refroidi plusieurs. N'en demeure pas moins que les 45 kilomètres qui séparent le Gatinois du secteur Aylmer à son concitoyen de Buckingham valent bien la quinzaine de kilomètres de distance qui existe entre Chénéville et Ripon. Réfléchir collectivement à une telle éventualité est sûrement souhaitable, surtout dans le contexte budgétaire actuel où tout coûte toujours plus cher et où les demandes de services des citoyens sont en hausse, tant en qualité qu'en quantité.

Taire cette réalité équivaudrait à se cacher la tête dans le sable, un petit jeu auquel personne n'a le luxe de se prêter.

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