Un nom insipide pour l'est d'Ottawa

Ancienne base de Rockliffe... (PAtrick Woodbury)

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Ancienne base de Rockliffe

PAtrick Woodbury

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Dix années de réflexion n'ont pas suffi pour trouver un nom rassembleur pour rebaptiser l'ancienne base militaire Rockcliffe. La Société immobilière du Canada n'a pu faire mieux qu'un nom insipide, unilingue et sans imagination: Wateridge Village.

Le vocable n'évoque rien. Il ne fait pas référence à la présence séculaire des Algonquins qui ont accepté, en 2011, une compensation financière et obtenu un droit de regard sur le futur développement de ces 310 acres de terrain à quelques kilomètres de la Colline parlementaire. 

Les seules commémorations visibles sont un site de contemplation et deux noms de rues, les chemins Mikinak et Wanaki, qui signifient «tortue» et «paix».

Le nom Wateridge Village ne fait pas plus référence au rôle que l'armée de l'air du Canada a joué sur ces terrains que la Société immobilière du Canada a acquis des Forces armées canadiennes. Ils sont situés juste en haut d'un escarpement à côté du Musée canadien de l'aviation, à l'angle des promenades de l'Aviation et Sussex. Le Canada ne manque pourtant pas de héros militaires ou de batailles historiques dont il veut faire la promotion au bénéfice des générations futures. 

Les seules références prévues sont quelques noms de rues, comme pour le patrimoine algonquin. On y prévoit le cercle Avro, la place Lysander et la «voie du Vedette» (sic), du nom de trois aéronefs qui ont contribué à l'effort militaire avant 1960. 

Enfin, le nom Wateridge Village sonnera faux aux milliers de francophones qui s'établiront dans ce quartier qui abritera, selon les prévisions, quelque 10000 personnes. L'espace jouxte l'hôpital Montfort, une institution de la communauté francophone et depuis 10 ans, un centre de services de santé pour les militaires. Deux écoles de langue française y sont déjà prévues, une catholique et une publique. Si rien n'est modifié, tous résideront dans un secteur au nom anglophone qui aurait pu, compte tenu des milliers de lacs au pays, se retrouver n'importe où au Canada. Il n'y a rien d'exclusif à Wateridge Village, ou qui évoque Ottawa ou son rôle de capitale du pays.

Selon ce que Le Droit a pu apprendre, le nom a été proposé par la Société immobilière du Canada en 2015. Si la SIC a multiplié les consultations sur ce qui s'avère l'un des plus vastes projets résidentiels de la capitale, elle n'en a pas mené sur le nom à lui donner. La population a été invitée à rêver à la verdure du quartier, aux flots de circulation, à la mixité commerciale/résidentielle, à la densité urbaine, bref à plusieurs aspects essentiels d'un quartier où tout est à bâtir.

Mais au nom auquel se référeront les générations futures? Pas un mot. 

Il est encore temps pour rebaptiser ce Wateridge Village que personne ne connaît encore vraiment. Le nom n'apparaît que sur des affiches dévoilées lundi.

La construction des 750 premières maisons ne doit débuter que l'été prochain. 

L'ACFO d'Ottawa et le Regroupement des gens d'affaires peuvent faire pression sur la nouvelle députée provinciale Nathalie Des Rosiers pour trouver un nom consensuel. Les candidats à la succession de feu le député fédéral Mauril Bélanger peuvent en faire un enjeu de campagne. Le conseiller Tobi Nussbaum peut se joindre au mouvement, tout comme tous les élus de l'est d'Ottawa. C'est aujourd'hui que le visage de la capitale se dessine; il doit être moderne, multilingue, inclusif et exclusif à Ottawa.

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