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Le Québec fait figure de pionnier sur la question des procédures de fin de vie.

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ÉDITORIAL / Justin Trudeau a une longue liste de priorités électorales depuis son élection. Mais une lui a été dictée par la Cour suprême lorsqu'elle avait donné au gouvernement en place un an à partir de février 2015 pour revoir la législation fédérale sur l'aide médicale à mourir. Les libéraux de M. Trudeau n'ont donc pas le choix de s'activer à ce sujet.

La Cour a statué que la législation actuelle limitait les droits des malades. Il faut évacuer la responsabilité criminelle des médecins traitants pour les malades qui souhaiteraient mettre fin à leurs jours.

Le gouvernement libéral a demandé une prolongation exceptionnelle que la Cour devrait lui consentir compte tenu qu'il arrive en place et que l'échéance de février 2016 lui laissait trop peu de temps depuis son élection le 19 octobre pour modifier la loi sur cette question qui appelle aux valeurs des Canadiens sur le respect de la vie humaine et sur la compassion face à la maladie.

Le Québec fait figure de pionnier sur la question des procédures de fin de vie. Une commission non partisane sur ce qu'il a été appelé «l'aide médicale à mourir» a fait l'objet d'un rapport unanime qui encadre sévèrement la procédure aux seules personnes à l'article de la mort et qui font face à des souffrances extrêmes. La législation est entrée en vigueur ce mois-ci.

La ministre de la Santé, Jody Wilson-Raybould, a par ailleurs emprunté la voie de la sage prudence en annonçant qu'elle espérait la collaboration des provinces, des territoires et des groupes de pression sur ce sujet très délicat.

Pour sa part, son collègue et leader en Chambre, Dominic LeBlanc, a annoncé la création d'un comité spécial de législateurs qui aura comme tâche de rédiger le projet de loi fédéral sur l'assistance médicale à mourir. Ce comité doit compter des membres à la fois des Communes et du Sénat.

Ottawa n'aura pas le loisir de mener de larges consultations, contrairement au Québec qui en a mené sur tout son territoire pour bâtir le consensus le plus large possible. Raison de plus pour permettre au moins au plus grand nombre d'élus d'intervenir à ce sujet.

Bizarrement, M. LeBlanc refuse le droit de parole au Bloc québécois à ce comité spécial.

Les questions qui touchent les valeurs des Canadiens devraient faire l'objet du plus vaste débat possible et d'une approche la plus inclusive possible, allant bien au-delà des pratiques habituelles aux Communes. Il est des thèmes de ce genre qui exigent l'ouverture, comme la peine de mort, l'avortement, la religion, etc. Ou la réforme du mode de scrutin au Canada, une de ces questions auxquelles le gouvernement Trudeau doit s'attaquer pendant ce mandat.

Il est ainsi crucial d'instaurer le climat le plus serein au Parlement.

Pourtant, au cours des deux petites semaines qu'a duré cette session parlementaire d'automne, il y a déjà eu de petits accrocs à la bonne entente que tous les Canadiens souhaitent voir chez les élus, et que le gouvernement Trudeau avait promis de mettre en place.

Si l'élection de M. Trudeau doit correspondre à une nouvelle ère de débats politiques moins partisans que celle que l'on a connue sous Stephen Harper, le message n'a pas été entendu par Dominic LeBlanc, le principal lieutenant libéral à la Chambre des communes.

Cela part mal.

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