Bière: qu'un premier pas

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ÉDITORIAL / Depuis quelques heures, il est maintenant possible d'acheter de la bière dans certaines épiceries en Ontario. Qu'arrivera-t-il maintenant? Rien de catastrophique.

Ce n'est pas comme s'il s'agissait d'une révolution dans le commerce au détail. En Ontario, peut-être, mais pas ailleurs. Et les Ontariens ne sont pas moins responsables que les autres. Au contraire, peut-être.

Sauf erreur, partout ailleurs en Amérique est-il possible d'acheter de la bière à peu près partout. Et la Terre a continué de tourner, les taux d'alcoolisme n'ont pas crû de façon astronomique pour autant. La criminalité non plus.

Il était grand temps que l'Ontario relaxe la réglementation commerciale pour ses produits en vente contrôlée, et commencer par la bière s'avère une bonne première étape.

Avec sa prudence légendaire, l'Ontario y va prudemment. Le gouvernement de Kathleen Wynne n'a autorisé la vente que dans le cadre d'un projet pilote impliquant 60 magasins... à travers toute la province, dont huit à Ottawa. Ce qui signifie que les résidants de la région de la capitale nationale devront faire un effort pour en trouver. Un seul magasin au centre-ville fait partie de la première vague de magasins autorisés; tous les autres sont situés en banlieue.

Si tout va bien, 450 magasins de plus devraient s'ajouter à la liste de points de vente d'ici 2017.

Nous ne parlons pas d'une libéralisation à tout crin.

Les dépanneurs du Québec qui ont depuis quelques décennies le droit de vendre autant de bière qu'ils le veulent avant 23h n'ont rien à craindre à court terme.

Les huit magasins d'Ottawa qui font partie du projet pilote n'ont pas la liberté de vendre des caisses de 12 ou 24 bouteilles (ou plus), que des bières à l'unité et en paquet de six. Les bières disponibles doivent afficher un taux d'alcool de 7,1% ou moins.

Par bonheur, l'État a garanti une place substantielle aux microbrasseries. Elles devront occuper au moins 20% de l'espace-tablette, alors qu'elles ne représentent encore qu'entre 5 et 10% du marché de la bière en Ontario. Il s'agit d'une excellente nouvelle qui stimulera la création d'emplois locaux. La brasserie Beau's, à Vankleek Hill, a déjà prévu l'embauche d'une cinquantaine de travailleurs supplémentaires pour répondre à la demande accrue provoquée par cette libéralisation des marchés. Et ce n'est pas parce que les Ontariens boiront plus, mais qu'ils boiront mieux: plus de bières de petits brassins, des bières reconnues plus goûteuses. Des bières qui s'éloignent de ce qui est généralement offert par les grandes brasseries mondiales où tout est standardisé en fonction de segments de marchés identifiés par des plans de marketing plutôt que les approvisionnements de produits locaux et le savoir-faire artisanal.

Les papilles des consommateurs ontariens recherchent de plus en plus ces produits différenciés. La région d'Ottawa a vu l'émergence d'une douzaine de microbrasseries artisanales depuis cinq ans. Cela témoigne d'un marché de plus en plus mature, sophistiqué, offrant des bières de toutes les gammes.

La libéralisation de la vente au détail s'avérait une étape logique et inévitable.

La seule victime sera le monopole des Beer Store, qui sera confronté à une concurrence accrue. Mais il représentait un vestige du passé et à moyen terme, sera appelé à disparaître... ou à se réinventer totalement.

Maintenant, pour le vin, Mme Wynne...

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