Secrets académiques

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Sous Calin Rovinescu, Air Canada a été un champion des plaintes au Commissariat des langues officielles.

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Alors que tous les ordres de gouvernement entendent des appels pour plus de transparence, les universités Carleton et d'Ottawa ont encore le réflexe de se terrer derrière un rideau de secret.

Ce mouvement est regrettable.

À l'Université d'Ottawa, un mur de silence s'est vite érigé lorsque le bilan du nouveau chancelier a été questionné quant à son bilan en matières de langues officielles. Sous Calin Rovinescu - et ses prédécesseurs -, Air Canada a été un champion des plaintes au Commissariat des langues officielles. Le transporteur national peine à offrir les services en français auxquels la population a droit. Un débat semblable sévit à l'université, à un degré bien moindre, il faut le reconnaître. Il n'était donc pas étonnant que certains s'inquiètent des conseils qu'offrirait un patron aussi peu regardant par rapport à la Loi sur les langues sur les langues officielles.

Mais ces inquiétudes sont demeurées hypothétiques. Car il a été impossible de même savoir si le leadership de M. Rovinescu au plan des langues officielles a été discuté au Bureau des gouverneurs qui l'a nommé. Comme si le simple fait de questionner relevait d'un cas de lèse-majesté. 

Depuis deux semaines, c'est au tour de l'Université Carleton de voir son obsession du secret remise en question.

Dans ce cas, c'est un professeur qui siège au Bureau des gouverneurs qui pose des problèmes de transparence à certains.

La direction de l'université demande au professeur de biologie Root Gorelick de cesser d'écrire publiquement, sur un blogue, à propos des affaires du Bureau des gouverneurs. Il a publiquement été accusé d'y avoir «attaqué des collègues du Bureau et des employés de l'université» et d'y exposer sa «dissension» sur des décisions prises par le Bureau. 

M. Gorelick est le seul syndiqué du corps professoral à siéger parmi les 32 membres du Bureau des gouverneurs de l'université.

On lui a demandé de signer une entente de confidentialité sur les discussions du Bureau, ce qu'il a refusé de faire. Il a soutenu publiquement qu'une telle demande était «antidémocratique» et «une atteinte à son droit de parole».

Il a depuis obtenu l'appui des syndicats de l'Université Carleton, de l'association étudiante, de l'Association canadienne des professeures et professeurs d'université et de son équivalente aux Etats-Unis, selon des rapports médiatiques.

Cette main de fer à l'Université Carleton et ce silence à l'Université d'Ottawa surviennent alors qu'une ère de transparence est fermement établie ailleurs. Les gouvernements municipaux d'Ottawa et Gatineau, notamment, sont invités à être toujours plus transparents, de présenter leurs délibérations en public (et en ligne, ainsi que de conserver des archives facilement accessibles), d'adopter des politiques de données ouvertes. Les provinces subissent des pressions semblables. Le gouvernement de Stephen Harper avait rétréci les pratiques de la Loi d'accès à l'information et en a subi les foudres; plusieurs espèrent que les libéraux inaugureront une nouveau chapitre. 

Localement, la Commission de la capitale nationale s'est aussi engagée récemment à être encore plus transparente.

Pourquoi les universités, qui dépensent des millions de dollars des contribuables, pourraient-elles justifier d'emprunter une voie inverse? 

Les pratiques administratives prévoient déjà des politiques de confidentialité sur des questions de ressources humaines ou sur des échanges avec des partenaires du secteur privé. Au-delà de ces champs bien précis, l'université devrait être un théâtre de transparence, un principe qu'elle enseigne d'ailleurs à ses étudiants.

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