Un vote important pour une région très particulière

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Jacques Pronovost
Le Droit

L'élection provinciale de mardi au Québec revêt une importance toute spéciale pour une région aussi particulière que celle de la grande région de la capitale nationale. Elle n'est pas que déterminante pour les citoyens habitant du côté québécois de la rivière des Outaouais. Elle l'est tout autant pour de nombreux Ontariens, anglophones comme francophones, qui vivent des expériences de vie quotidiennes communes avec les Québécois, qui travaillent avec eux, qui commercent avec eux. La communauté francophone ontarienne, même si les politiques provinciales du Québec ne l'affectent pas directement, tire aussi profit des relations politiques qui existent entre les deux communautés.

Évidemment, le choix du gouvernement et de leurs représentants à l'Assemblée nationale n'appartient qu'aux Québécois, et c'est à eux seuls de décider de l'orientation qu'ils insuffleront à la région dans le gouvernement que l'ensemble des gens du Québec se donneront mardi.

Compte tenu de la situation géographique de la région, et des interactions entre l'Outaouais et l'Est ontarien, en considération de son histoire et des lecteurs qu'il représente, le journal LeDroit ne peut appuyer qu'un vote pour une formation politique prônant le maintien de lien fédéral. Il ne nous est pas non plus possible à l'heure actuelle de connaître réellement quelles seraient les véritables relations du reste du Canada avec un Québec séparé advenant un référendum positif, et les impacts que cela aurait sur une région partagée entre deux provinces. Tant que cela ne sera pas défini de façon plus claire et concrète, le choix des citoyens québécois de la région sera toujours plus difficile à faire quant à l'option mise de l'avant par les organisations politiques qui proposent la souveraineté du Québec.

Le journal LeDroit est donc en faveur d'un vote fédéraliste à ce stade-ci. Il se complique par le contexte politique actuel au Québec et par la présence de deux partis principaux qui se sont engagés dans cette voie, le Parti libéral et la Coalition Avenir Québec.

Il nous apparaît cependant que la Coalition Avenir Québec ne possède pas actuellement une équipe dont le nombre de gens capables, expérimentés et aptes à assumer des fonctions ministérielles soit suffisant. Cela se comprend compte tenu de sa récente formation et malgré le fait que quelques ex-députés adéquistes en fassent partie.

Par ailleurs, l'équipe libérale présente dans la région a démontré dans les dernières années qu'elle avait su mettre de l'avant les priorités régionales et faire en sorte que l'Outaouais ne soit pas seulement tenu pour acquis par le gouvernement du Québec. Il en a été ainsi avec la création d'un statut particulier en santé pour favoriser une plus saine concurrence entre les deux côtés de la rivière dans la recherche et le maintien de personnel qualifié pour l'Outaouais. De même dans le dossier de la relance de la papetière de Gatineau, le député libéral et l'ensemble du caucus libéral ont mis les efforts nécessaires.

Évidemment, tous les problèmes ne sont pas réglés. Ils ne le seront pas non plus d'un coup de baguette magique dans la prochaine année.

Le Parti libéral du Québec n'a cependant pas que des fleurons à sa gouvernance. Toutes les rumeurs et accusations reliées aux contrats dans le monde de la construction obscurcissent notamment son bilan. Il est à espérer que les mesures mises en place pour corriger ces situations donneront tous les résultats voulus. Nous souhaitons de plus que le PLQ lui-même aura compris que la population ne tolérerait pas de tels agissements et qu'elle attend de son gouvernement des mesures énergiques pour contrer les actions illégales et sanctionner leurs auteurs, fussent-ils même députés ou ministres.

Le PLQ subit l'usure du pouvoir après neuf ans au gouvernement, c'est indéniable. Il faut aussi savoir lui reconnaître une gestion responsable des finances publiques pendant cette période et dans un contexte économique extrêmement difficile qui complique aussi les relations sociales entre les différents groupes de la société. Le conflit étudiant et le clivage qu'il a provoqué entre plusieurs groupes de la société québécoise en fait foi.

Malgré le désir de renouveau et les bienfaits qu'un renouvellement pourrait apporter, il nous apparaît que les circonstances ne soient pas réunies ni bienvenues pour provoquer un tel bouleversement à Québec. L'équipe du PLQ et Jean Charest nous apparaissent encore représenter la meilleure option pour continuer à faire avancer le Québec et apporter à la région de l'Outaouais la stabilité dont elle a besoin pour bien se développer avec son voisin ontarien.

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