Violence meurtrière à Toronto

Et Ottawa ?

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Adrien Cantin
Le Droit

Une épidémie de meurtres par balle a soudainement explosé depuis le 2 juin à Toronto. Au beau milieu de l'aire de restauration du Centre Eaton qui attire à tout moment de la journée plusieurs centaines de personnes, deux jeunes hommes tombaient sous les projectiles d'un tireur, qui a fait aussi cinq blessés n'ayant rien à voir avec cette dispute tordue de gangs de rue.

On a rapporté depuis, dans la Ville-Reine, une vingtaine de fusillades et d'incidents à l'arme blanche qui ont fait quatre morts et des dizaines de blessés.

Mais rien ne nous a autant perturbé que cette fusillade de la rue Danzig, à 22 h 40 il y a huit jours, dans la banlieue est de Scarborough, après un barbecue pour les enfants du quartier, un événement insensé qui a fait deux morts et plus de 20 blessés.

Ce véritable massacre, que la police a qualifié du pire dans l'histoire de Toronto, est typique de l'extrême violence des membres de ces gangs de rue, ces desperados modernes, qui n'ont rien à perdre ou à gagner et qui tirent tellement mal et tellement gratuitement, par rapport à d'autres éléments du crime organisé, que vous ne voulez surtout pas être autour quand ils se manifestent.

Les Torontois se sont rappelés avec douleur la mort de la jeune Jane Creba, devant le Centre Eaton au lendemain de Noël il y a six ans et demi, frappée mortellement au tendre âge de 15 ans, par un projectile perdu d'un de ces tristes individus qui ne savait pas tirer mais qui avait en main une arme illégale en vertu des lois qui n'ont rien à voir avec le registre des armes à feu, et qu'il avait facilement pu se procurer pour moins de 500 $ sur le marché noir.

Cela nous concerne-t-il ? Nous devons en effet être profondément interpellés car Ottawa, deuxième ville en importance en Ontario, est loin d'être exempte de tout cela. Ce qui bouillonne à Toronto finit tôt ou tard par déborder jusqu'ici.

À Ottawa, pour l'instant, ces petits bandits sont un peu plus timides. Mais LeDroit rapportait vendredi dernier une 27e fusillade survenue cette année dans notre environnement urbain. La cible n'a pas été mortellement atteinte car ces hors-la-loi sont souvent de très mauvais tireurs qui s'exercent pour l'instant là où il n'y a pas grand monde. Mais ils prendront de l'assurance et, si ça continue, des malheurs se produiront certainement.

Il faut donc applaudir le gouvernement de l'Ontario qui décidait, lundi, d'investir 12,5 millions dans la lutte contre la criminalité des gangs de rue. Surtout que l'argent sera investi autant dans la prévention que dans la répression. Ottawa, comme deuxième centre urbain en Ontario, en bénéficiera.

On a notamment l'intention de s'attaquer au coeur du problème, décrit par de nombreux spécialistes comme l'absence d'un noyau familial dur et d'un soutien communautaire efficace pour des milliers de jeunes dans nos villes. On aura, dans l'hystérie du moment, jeté un blâme à peine voilé sur les communautés de nouveaux arrivants. La réalité est que ces crimes sont tous commis par des gens qui sont nés ici, des jeunes envers lesquels nous avons une responsabilité.

Et gardons la tête froide, car il est nécessaire de se rappeler une chose ou deux, au bout du compte. On a fortement réagi à la suite de la récente séquence d'événements violents à Toronto, et avec raison. Il est normal que tel comportement bestial entraîne un haut-le-coeur collectif.

Cela n'aide pas les familles des récentes victimes, mais soulignons que Toronto a, l'année dernière, enregistré son plus bas taux de meurtre en 25 ans et que le nombre de crimes violents en Ontario, avant ces récentes statistiques, avait régressé de 13 % depuis 2003. Pendant ce temps, à Ottawa, le nombre de fusillades enregistré pour les sept premiers mois de 2012 mois dépasse le total de 2011. Une statistique qu'il ne faut surtout pas oublier.

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