Pas à sa place

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Pierre Jury
Le Droit

Il est tellement arrivé souvent que la communauté francophone se bute à l'unilinguisme d'un ministre anglophone, il y a une certaine ironie à voir la situation renversée avec la présence de Jacques Gourde au cabinet du gouvernement conservateur.

M. Gourde, originaire de la région de Québec, agit comme secrétaire parlementaire aux Langues officielles. Sa connaissance de l'anglais, de son propre aveu, ne lui permet que « de petites conversations ». Un organisme anglo-québécois, le Quebec Community Groups Network, soutient qu'elle n'a pu rencontrer M. Gourde et qu'il insisterait pour que les échanges se déroulent en français.

« Les groupes anglophones, ils parlent tous français », a répliqué M. Gourde. Il s'agit d'une bien faible défense : combien de fois les Canadiens français ont exigé un interlocuteur qui comprend la langue de Molière ? Si ça vaut pour l'un, ça vaut pour l'autre. Si la situation est tolérée, cela pourrait même donner des idées à un gouvernement de nommer un commissaire aux langues officielles... unilingue, qui sait ?

L'unilinguisme de M. Gourde n'est pas un problème. Au contraire, il est rafraîchissant de voir que des unilingues francophones puissent jouer un rôle dans les choses fédérales. Mais en matière de langues officielles, par courtoisie, les titulaires de charges publiques devraient maîtriser à la fois le français et l'anglais.

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