Choisir l'avenir

Pierre Bergeron
Le Droit

Pendant que s'engage la campagne électorale à Gatineau, que des élections fédérales se profilent à l'horizon et que le conseil municipal d'Ottawa cherche toujours ses repères, les citoyens de la région sont appelés à participer, la semaine prochaine, à un vaste exercice de planification à très long terme sur l'avenir de la région.

Amorcée l'an dernier, Choisir notre avenir est une initiative de planification conjointe d'Ottawa, de Gatineau et de la Commission de la capitale nationale qui, à l'image d'un avion furtif, ne semble pas avoir vraiment décollé dans la région en général et à Gatineau, en particulier.

C'est à la fois dommage et tout à fait compréhensible. C'est surtout mal vendu par ceux qui en sont ultimement responsables : nos élus et nos dirigeants. Les villes d'Ottawa et de Gatineau discutent depuis plusieurs années de planification conjointe et de viabilité écologique de la grande collectivité d'un million qu'elles constituent. Malheureusement, la rivière des Outaouais est souvent davantage une frontière qu'un cours d'eau partagé - et souvent pollué - par une seule et même région.

Comme le partage des idées, la réflexion sur notre avenir est trop souvent asymétrique.

Une situation complexe

Dans la pléthore d'exercices de planification, de vision et de prospective auxquelles doivent s'astreindre les organisations et les collectivités, il est difficile de mettre un peu d'ordre et de hiérarchie. Le problème est d'autant plus complexe dans la région de la capitale nationale que les trois principaux acteurs de la planification urbaine opèrent sur deux niveaux (le fédéral et le provincial), dans deux provinces (l'Ontario et le Québec), ainsi que sur deux modes de représentation (démocratique, pour Ottawa et Gatineau, et administratif, pour la CCN).

On comprendra qu'il est impossible de faire abstraction de cette dernière dans tout exercice de planification. On comprendra surtout que les élus d'Ottawa et de Gatineau doivent répondre à des impératifs politiques qui rendent de tels exercices difficilement réalisables.

Cela ne signifie pas qu'un exercice de partenariat et de planification tripartite comme Choisir notre avenir soit inutile. En effet, il permet de brasser des idées, d'envisager des solutions, de tester des hypothèses.

Par ailleurs, comme cette initiative se propose de « mettre au point des plans d'action pertinents », on doit se demander comment cinq ordres de gouvernements - le fédéral, l'Ontario, le Québec, Ottawa et Gatineau - s'y prendront pour coordonner leurs actions pour que « les décisions de planifications et de développement prises à court terme (soient) motivées par une vision à long terme qui profitera aux prochaines générations ». Car Choisir notre avenir veut définir une « vision pour les 100 prochaines années » et « un plan d'action de 30 ans ».

Plusieurs initiatives émanent d'une volonté de définir ce que seront nos collectivités de demain. Projet Gatineau en est un exemple.

Le défi des villes

Comme 80 % des Canadiens vivent dans des villes, ce sont ces dernières qui doivent relever les principaux défis du « vivre ensemble » et de la durabilité. On le voit clairement dans les projets de transport en commun à Gatineau et Ottawa. Quand, matin et soir, des dizaines de milliers d'automobilistes encombrent les routes et ponts de la région, ils sont la manifestation incontestable de l'intégration de notre région.

Et quand tout s'arrête au premier contretemps, on est devant une évidence difficile à réfuter autrement que par une vision commune.

Or, définir cet avenir nécessite des changements profonds dans la planification, la conception et la construction de nos collectivités, de notre collectivité, qui font davantage partie de l'univers du rêve que de la réalité.

C'est ici que la CCN peut jouer un rôle important puisque les politiciens vont et les fonctionnaires restent. D'ici 2011, Choisir notre avenir veut accoucher d'un plan de développement durable, d'un plan « de prévention des risques » et d'un plan énergétique communautaire.

Si on peut douter du résultat final, il n'en demeure pas moins que Choisir notre avenir permettra d'identifier plus clairement quels défis nous devons relever ensemble puisque, que nous le voulions ou pas, nous faisons partie d'une seule et même agglomération.

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