Madoff: 150 ans Lacroix: 18 mois

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Le courtier-fraudeur de New York Bernard Madoff a écopé, hier, d'une sentence de 150 ans de pénitencier. Même s'il pourrait être admissible à une libération à 85% de sa peine, il est donc assuré qu'il finira ses jours en prison. Ainsi en a décidé la justice américaine, en rapport avec une fraude astronomique de 65 milliards de dollars auprès de milliers d'épargnants. Le juge y est allé avec le maximum permis.

Cherchez l'erreur

Au Canada, Vincent Lacroix a écopé de 8 années et demie pour avoir fraudé 1200 personnes d'une somme de 130 millions de dollars dans le scandale de Norbourg. Mais il ne servira que 18 mois parce que selon nos principes établis, il bénéficie d'une réduction de peine parce qu'il n'est pas considéré comme dangereux et qu'il s'agit d'une première offense fédérale.

 

Les deux hommes ont démontré peu de remords. Les deux ont profité personnellement de leurs fraudes pour mener des trains de vie princiers. Et dans les deux cas, la plupart des victimes ne reverront jamais leur argent.

Alors cherchez l'erreur dans la différence des peines...

Les sommes en jeu en expliquent-elles une partie? Il ne devrait pas parce qu'au-delà d'un certain seuil, on s'aperçoit bien que le nombre de zéros avant le point est, finalement, peu important. Que l'on perde 300000$ ou 30 millions ne fait pas grand différence si ce sont là toutes vos économies. Des victimes de M.Madoff comme de M.Lacroix ont été poussées vers la pauvreté parce qu'ils sont devenus soudainement sans ressources. Quand on est une personne retraitée, cette situation est encore plus inacceptable parce qu'il est extrêmement difficile de retourner sur le marché du travail.

Un crime sous-évalué

Au Canada, la dangerosité du coupable influence le temps passé derrière les barreaux. Ceux qui ont perpétré des crimes économiques jouissent des largesses de notre système qui ne les évalue pas comme représentant une menace pour autrui.

Il est peut-être temps de s'interroger à ce chapitre parce que les cicatrices psychologiques provoquées par ces abus peuvent être aussi profondes que celles d'un agresseur armé.

Le système canadien tente d'être réparateur. Aux États-Unis, la réparation d'un tel crime, impossible à accomplir, est mise de côté au profit d'un autre principe, l'effet dissuasif. Tout Américain qui voudrait s'inspirer de M.Madoff est maintenant bien averti: c'est le reste de la vie en prison.

Pour M.Madoff, 71 ans, ce ne sera pas trop long, mais pour un fraudeur en herbe, il s'agit d'une perspective bien plus effrayante.

L'effet dissuasif de la peine de Vincent Lacroix est presque nul. Lessivé de tous ses avoirs, il sortira encore jeune et avec toutes ses capacités intellectuelles, même les plus tordues.

Au point où on se retrouve presqu'à espérer que son procès au criminel, qui doit débuter cet automne, se solde par une peine davantage à la hauteur des crimes qu'il a commis.

Un pas en avant

C'est parfois dans les nouvelles discrètement placées dans les médias que des avancées notables se font pour vraiment.

À preuve: cet accord des 10 plus grands fabricants de téléphones cellulaires, devant l'Union européenne, qui ont convenu de partager un seul modèle de chargeur, dès 2010.

Les chargeurs, comme les appareils qu'ils font fonctionner, contiennent des matières nocives si elles sont libérées dans l'environnement. Vu la force des nouvelles normes de recyclages de l'UE, les entreprises avaient à coeur de standardiser leurs pratiques.

Et ce sont les consommateurs qui en sortiront gagnants: ils ne seront plus encombrés par de vieux chargeurs inutiles. On parle même d'élargir cette pratique à plusieurs autres appareils électroniques, comme les appareils photo et les IPod.

En voilà une belle idée!

 

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