Une histoire qui finit bien

Si Clarke MacArthur doit prendre sa retraite, Kyle... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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Si Clarke MacArthur doit prendre sa retraite, Kyle Turris perdra un partenaire de jeu auprès duquel il a connu du succès.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Dans les prochaines heures, dans les prochains jours, on entendra tout plein de gens plaindre le « pauvre » Clarke MacArthur. On dira que c'est si triste, son histoire se termine tellement mal...

Je ne suis pas d'accord.

S'il avait été obligé d'accrocher ses patins l'an dernier, ç'aurait été différent. Après avoir travaillé si fort pendant deux ans, il méritait de revenir au jeu.

Il l'a obtenue, sa chance. Durant les séries du printemps 2017, la direction des Sénateurs lui a donné l'opportunité d'effectuer ce qui ressemblait drôlement à un dernier tour de piste.

Chaque soir, au moment d'enfiler son chandail, MacArthur devait se sentir drôlement privilégié. Il devait songer aux longues semaines de convalescence passées dans l'obscurité totale, quand la simple lueur émise par une ampoule électrique pouvait lui donner des maux de tête.

MacArthur a été récompensé doublement car il a pu participer à quelque chose de spécial. Son plaisir s'est étiré jusqu'à la fin du mois de mai. Son équipe, que personne ne prenait vraiment au sérieux, a donné une sérieuse frousse aux éventuels champions de la coupe Stanley.

Avec le recul, quand il sera capable de faire le bilan de sa carrière de joueur, il aura même le droit de penser que l'improbable poussée des Sénateurs n'aurait pas été possible sans lui.

J'ai attendu la toute fin de la conférence de presse improvisée de Pierre Dorion, jeudi après-midi, pour poser une question en ce sens.

La réponse du directeur général me laisse croire qu'il partage mon avis.

« Il nous a donné un gros lift l'an dernier, en séries. Il a marqué, je pense, le plus gros but de notre saison », a-t-il d'abord répondu.

« Tous les gars voulaient jouer pour Clarke, a-t-il enchaîné. Il nous a donné un boost que personne d'autre n'aurait pu donner. »

Dans le meilleur des mondes, la carrière de MacArthur aurait pris fin sur un gros point d'exclamation, dans un beau grand défilé.

Ça ne s'est pas passé ainsi.

Il a quand même été capable de quitter l'aréna sur ses deux jambes, au terme de deux mois de hockey d'une rare violence. La coupe, qu'on le veuille ou non, se gagne toujours à coups de coude, de bâton et de poing.

Il a pu quitter sur ses deux jambes et rentrer chez lui, à Rochester, pour retrouver sa femme et ses enfants. Dorion l'a dit, jeudi. Il a l'air en grande forme, ce qui laisse supposer qu'il a pu mener une vie normale cet été.

Dans le contexte qu'on connaît, ce n'est pas un vilain prix de consolation.

Dorion dit que MacArthur est très déçu. Ça se comprend. S'il doit vraiment accrocher ses patins, il s'ennuiera de l'aréna. Il s'ennuiera de la compétition. Il s'ennuiera de ses coéquipiers.

Il ne sera pas différent de tous ces joueurs qui ont quitté le hockey avant lui.

Il aura toujours l'option de revenir. Les commotions cérébrales ne gâcheront pas tout. Il sera toujours un « bon gars » qu'on aime côtoyer. Il aura toujours une « bonne tête de hockey ». Il possèdera toujours ce sens de l'humour unique, très utile quand vient le temps de désamorcer des situations délicates.

Toutes ces qualités pourraient faire de lui un sacré bon entraîneur-adjoint.

Si Clarke MacArthur se retrouve sur la liste des blessés à long terme, les Sénateurs réaliseront de très intéressantes économies. Cette perspective en fait déjà saliver quelques-uns.

Dorion, on l'espère, saura garder la tête froide. Rien ne sert de dépenser cette somme tout de go pour enrichir son attaque. Les Sénateurs ont réussi à gagner de façon régulière l'an dernier sans le numéro 16. Ils ont suffisamment de profondeur pour continuer de bien se débrouiller sans lui.

MacArthur, si ça se trouve, sera plus difficile à remplacer dans le vestiaire. S'il quitte définitivement, les joueurs perdront leur grand frère.

Jeudi, lorsqu'il s'est soumis à la traditionnelle séance de photos du premier jour du camp, Mark Stone nous a montré quelque chose de nouveau. On avait cousu un beau gros « A » blanc sur son chandail rouge.

Guy Boucher nous a souvent laissé croire qu'il voulait davantage impliquer son meilleur attaquant dans le groupe de leadership. Voilà sa chance. Il n'a plus qu'à la saisir.




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