Un très grand héritage

Bryan Murray s'est souvent investi dans des causes... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Bryan Murray s'est souvent investi dans des causes qui dépassaient les frontières du hockey.

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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CHRONIQUE / Il n'y a pas que le hockey dans la vie.

Dans les derniers jours, on a tendu le micro à des tas de gens que Bryan Murray a côtoyés durant ses 35 années passées dans la Ligue nationale. Tous ces hommes nous ont rappelé à quel point l'ancien directeur général des Sénateurs était un homme bon.

C'est vrai.

Il ne faudrait pas oublier un truc. Sa bonté dépassait largement les cadres de son milieu de travail.

Le maire suppléant de Shawville, Bill McCleary, m'en a glissé un mot au bout du fil, lundi.

Quand il a décroché le combiné, à l'hôtel de ville, il voulait d'abord me dire que l'aréna municipal sera éventuellement rebaptisé. « Il reste quelques détails à régler, mais je suis convaincu que ça va se faire prochainement. »

Ce serait la moindre des choses à faire pour rendre hommage à un homme qui n'a jamais oublié ses racines, me dit le politicien qui n'a pas la langue dans sa poche.

« Nous avons vu beaucoup de gens quitter notre région au fil des ans. Généralement, quand ils s'en vont, ils ne reviennent jamais. Bryan, lui, n'était pas comme ça. Le hockey lui a permis de gagner beaucoup d'argent. Il n'a jamais eu peur d'investir cet argent dans notre communauté. Quand nous avions besoin d'aide, il suffisait de lui demander. Il ne refusait jamais de nous prêter main-forte. »

Bryan a laissé sa marque dans sa ville de travail, aussi.

Le Centre de cancérologie intégrative d'Ottawa (CCIO) pleure cette semaine le départ d'un grand ambassadeur.

Il y a un peu plus de deux ans, Bryan a franchi les portes de cette institution qui offre des traitements alternatifs et complémentaires aux gens qui vivent avec le cancer. Il est entré un peu à reculons. Ses filles ne le lâchaient pas d'une semelle.

Bryan y a vite trouvé son compte. Jusqu'à la toute fin, il est demeuré convaincu que des injections d'un médicament fait à base d'extraits de fleurs de gui ont prolongé sa vie.

Ce médicament aurait aussi atténué les effets secondaires d'une chimiothérapie féroce.

Il a tellement aimé le CCIO qu'il est devenu le porte-parole de leur campagne de souscription. « Un homme respecté, comme lui, nous a donné de la crédibilité de manière instantanée », m'a dit le fondateur et directeur général du CCIO, le docteur Dugald Seely.

Bryan ne s'est pas contenté de prêter son nom et de donner un peu de temps au CCIO.

Les traitements alternatifs, voyez-vous, ne sont pas à la portée de tous les portefeuilles.

Bryan avait laissé entendre que ses injections lui coûtaient « quelques milliers de dollars chaque mois ».

Une drôle de rumeur courait d'ailleurs à cet effet. J'avais cru comprendre que Bryan s'était lui-même chargé d'offrir les traitements à des patients moins fortunés rencontrés par hasard.

« Je ne peux pas vous dire combien de patients ont reçu cette aide. Je ne sais pas non plus à quel point Bryan les a soutenus. Je peux cependant vous confirmer que cela s'est bien produit », m'a dit le Dr Seely.

Bryan Murray était un formidable raconteur. Vous commencez à le savoir. Tous les gens qui lui ont rendu hommage dans les derniers jours, ou presque, vous l'ont dit.

La bonne nouvelle, c'est qu'on pourra bientôt lire ses meilleures histoires. Sa biographie devrait être publiée dans la prochaine année.

Durant les dernières années de sa carrière, à Ottawa, Bryan entretenait de bonnes relations avec la majorité des journalistes. Le chroniqueur pigiste Chris Stevenson jouissait cependant d'un statut particulier.

Il y a environ deux ans, Murray lui a fait cette confidence. Se sachant condamné, il pensait à ses petits-enfants. Il songeait à rédiger ses mémoires pour leur offrir un petit quelque chose de spécial en héritage.

Stevenson a offert ses services, son oreille, sa plume. Depuis, au fil de très nombreuses conversations, il a récolté des tas d'anecdotes.

« Plus que jamais, je suis motivé à compléter le travail. Pour les petits-enfants de Bryan, mais aussi pour le public en général. La communication se trouvait au coeur de tout ce que Bryan faisait. Le récit de sa vie pourrait inspirer, selon moi, plusieurs dirigeants d'entreprises. »

On aura sans doute la chance de s'en reparler quand le bouquin sera en cours d'impression, d'ici quelques mois.




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