Un autre bon gars qui s'en va

« Durant sa carrière de 17 saisons, Fisher aura... (Archives, Associated Press)

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« Durant sa carrière de 17 saisons, Fisher aura contribué à bâtir deux jeunes organisations. Il aura réussi à devenir un des joueurs favoris des partisans dans les deux villes où il a évolué », affirme le chroniqueur Sylvain St-Laurent.

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CHRONIQUE / Mike Fisher, c'est un bon gars. Pas le genre de bon gars qui vous accueille chaque matin avec un grand sourire, qui a toujours une succulente anecdote à raconter et qui met, à tout coup, de la vie dans vos partys. Non. Je dirais que c'est plus un bon gars discret. Taciturne, à la limite. Le genre de bon gars qui est heureux quand la vie coule doucement et qui n'est pas toujours à l'aise quand les projecteurs sont braqués vers lui.

Tout ça pour dire que Fisher, lorsqu'il décidait de s'ouvrir et de parler, il fallait l'écouter.

Le monde du hockey a été pris par surprise, jeudi matin, quand le capitaine des Predators de Nashville a décidé d'annoncer sa retraite. Pas moi. J'ai tout de suite pensé à une conversation de vestiaire, au Bridgestone Arena, au tout début de l'année 2014.

Fish avait l'air content de voir ses vieux « amis », les journalistes d'Ottawa. La rencontre s'étirait. Il était rendu à parler d'un peu n'importe quoi. La vie à Nashville, les bons restaurants qui sont cachés loin des quartiers touristiques, son épouse Carrie Underwood qui attendait un premier enfant...

C'est à ce moment-là qu'il a soulevé, à ma connaissance pour la première fois, la possibilité d'accrocher ses patins.

« Tous les joueurs pensent au jour où ils devront arrêter. Je ne peux vous mentir. J'y songe sérieusement », avait-il affirmé.

Il avait 33 ans et il était en train de connaître la meilleure saison de toute sa carrière.

Au sommet de sa forme et dans la fleur de l'âge, il était prêt à tourner le dos à son sport. Il s'imaginait déjà en train de jouer le rôle de père de famille au foyer. Il était disposé à s'effacer afin de permettre à sa femme, la star de la musique country et reine de Nashville Carrie Underwood, de continuer à mener à fond sa carrière.

Il semblait, déjà, parfaitement à l'aise avec tout ça.

J'ai toujours eu beaucoup de respect et d'admiration pour les gens qui n'attendent pas qu'on leur montre la porte de sortie.

Fisher a choisi d'annoncer sa retraite en primeur aux lecteurs du Tennessean, le quotidien imprimé de Nashville. Il a rédigé un texte à la première personne, un peu comme l'avait fait Daniel Brière dans nos pages à l'été 2015.

Fidèle à sa personnalité, il a fait ça sobrement. Il a remercié les gens qui l'ont aidé. Il s'est bien gardé de nommer ces gens, ce qui est sage. C'est le meilleur moyen de n'oublier personne.

Il n'a presque rien dit au sujet de ses problèmes de santé.

Il n'a pas raté trop de matches, ces dernières années, mais son corps doit forcément être hypothéqué par les très nombreuses blessures subies dans les premières années de sa carrière, chez les Sénateurs.

Possible que le coup à la tête encaissé durant la Finale de l'Association Ouest, face aux Ducks d'Anaheim, a laissé des traces, aussi.

Fisher avait promis au directeur général des Preds, David Poile, qu'il se brancherait sans trop tarder. Il devait prendre une décision quant à son avenir avant l'ouverture de la chasse aux joueurs autonomes. C'était le 1er juillet. Nous voici au début du mois d'août.

Dans son papier du Tennessean, Fisher parle de la fierté qu'il a ressentie en voyant les images de la foule qui s'est réunie pour festoyer dans les rues de Nashville durant la finale de la coupe Stanley.

Il aurait bien voulu que sa carrière termine dans un grand défilé sur la mythique rue Broadway.

Finalement, durant sa carrière de 17 saisons, Fisher aura contribué à bâtir deux jeunes organisations. Il aura réussi à devenir un des joueurs favoris des partisans dans les deux villes où il a évolué.

C'est évident que ça ne vaut pas une conquête de la coupe Stanley, mais c'est quand même pas mal.

La retraite de Mike Fisher nous rappelle une fois de plus que les glorieuses années des Sénateurs sont loin, derrière nous.

De l'équipe qui s'est inclinée en grande finale, en 2007, il ne reste plus que trois joueurs actifs dans la LNH : Antoine Vermette, Patrick Eaves et Jason Spezza.

Parlant des belles années... j'ai brièvement discuté avec Cyril Leeder, cette semaine. L'ancien président a étudié quelques offres qui lui auraient permis de continuer à oeuvrer dans le monde du sport. Il a fini choisi de se réorienter, s'associant à une jeune entreprise qui a l'intention de brasser des affaires à Ottawa.

À suivre.




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