Neil ne baisse jamais les bras

Chris Neil assure qu'il y a quelques offres... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Chris Neil assure qu'il y a quelques offres sur la table en vue de la prochaine campagne. Il prend son temps pour les étudier.

Etienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE / Je dois reconnaître que j'avais été un peu surpris, à la mi-juin. Chris Neil venait d'annoncer qu'il mettait un terme à son association avec les Sénateurs d'Ottawa. Je discutais au téléphone avec son agent et ami de longue date, Todd Reynolds. Ce dernier m'assurait que son client se trouverait facilement du boulot ailleurs dans la LNH.

«Le mot a commencé à circuler il y a environ 24 heures. J'ai déjà reçu des appels», me jurait-il.

Nous voici, un mois et demi plus tard. La chasse aux joueurs autonomes est ouverte depuis un bon moment. Neil n'a toujours pas trouvé son prochain défi professionnel.

J'ai pris le temps de vérifier, jeudi. Je lui ai passé un coup de fil alors qu'il se rendait au parc RCGT pour la «Soirée de reconnaissance Chris Neil» organisée par les Champions.

«Je continue d'appartenir à cette communauté. Je me promène beaucoup. Je n'ai pas l'intention de me cacher sous un rocher parce que je n'appartiens plus à l'organisation des Sénateurs», m'a-t-il d'abord répondu.

Il m'a ensuite assuré que son chien n'est pas mort. Il conserve l'espoir de poursuivre sa carrière de hockeyeur l'automne prochain.

Dans la grande ligue, à part ça.

«Les longues randonnées en autobus dans les ligues mineures? Been there, done that. L'Europe? C'est pour les joueurs qui n'ont jamais eu la chance d'évoluer dans la LNH. Je me verrais mal partir là-bas pour piquer le job d'un autre gars. J'ai été choyé, tu sais. J'ai connu une belle et longue carrière.»

Je veux bien, Chris. C'est juste que le temps file. Le mois d'août se pointe le bout du nez. Les camps d'entraînement vont débuter dans moins de sept semaines.

Nerveux?

«Du tout. Nous avons reçu des offres. Nous les étudions. Si nous n'avions pas reçu d'offres, je te jure que mon discours serait différent. Je dois juste prendre mon temps. Je dois faire le bon choix. Je ne suis pas tout seul dans cette histoire. J'ai une famille au grand complet à déménager.»

J'ai insisté un peu. Pas trop. C'est quand même délicat. On dit que la LNH se rajeunit constamment. Le nombre de bagarres diminue d'année en année. Le défi de se trouver du travail, pour un joueur de 38 ans qui a passé 2522 minutes au banc des pénalités, doit être de taille.

«Je ne me sens pas tout seul dans mon bateau. Shane Doan et Jarome Iginla n'ont pas réussi à se trouver du travail. Mon vieux chum Kelz non plus. Ce sont tous de vrais pros qui sont encore capables d'aider leur équipe. Après le 1er juillet, les équipes veulent toutes donner une chance à leurs jeunes espoirs. C'est comme ça chaque année. Je te parie que nous allons tous nous trouver du travail avant que la saison ne débute.»

On ne pourra jamais, au grand jamais, reprocher à Chris Neil de manquer de ténacité.

Un mot sur la soirée de jeudi. Neil a été touché, sincèrement, par l'invitation des Champions.

«C'est vraiment gentil de leur part», a-t-il déclaré quelques heures avant d'effectuer le lancer protocolaire d'avant-match.

Enfant, il paraît qu'il n'était pas mauvais joueur de balle. Il évoluait aux extrémités de l'avant-champ. À l'occasion, il pouvait dépanner en lançant quelques manches.

Il paraît qu'il a remporté le championnat provincial de l'Ontario à cinq reprises avec les amis de sa petite ville natale. «C'est tout juste si nous étions assez nombreux, dans mon groupe d'âge, pour former une équipe. Cette équipe n'était quand même pas piquée des vers...»

Il n'avait encore jamais eu la chance d'assister à un match de la Ligue Can-Am. Sa dernière visite sur le chemin Coventry datait de l'époque des Lynx.

«J'aimais bien aller y passer des soirées d'été dans le temps. C'était une belle façon de passer le temps pour mon vieux pote Fishy et moi.»

Neil s'excuse presque de ne pas se déplacer plus souvent. «C'était plus facile, dans le temps, avant la naissance des enfants...»

Les petits le gardent occupé. Son programme d'entraînement estival aussi. Il continue de patiner avec les hockeyeurs professionnels de la région. En attendant la suite...

«Peu importe ce qui m'arrivera, que je poursuive ma carrière ou non, je vais toujours garder la forme», m'a-t-il dit.

Dans la conversation d'une quinzaine de minutes, ce fut la première et la dernière fois où il a soulevé la possibilité de prendre sa retraite.




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