Chronique sans point ni coup sûr

Phillippe Aumont a obtenu une balle commémorative de... (Etienne Ranger, Le Droit)

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Phillippe Aumont a obtenu une balle commémorative de son match sans point ni coup sûr qu'il a effectué mercredi soir contre l'équipe nationale de la Républic Domicaine. Selon Stéphane Pétronzio, il est au sommet de sa forme.

Etienne Ranger, Le Droit

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CHRONIQUE / C'est le 16e été de ma carrière de journaliste sportif. Je fais le décompte. Durant 10 de ces 16 étés, un club de baseball professionnel a évolué dans le petit stade du chemin Coventry.

L'adolescent lavallois que j'étais ne laissait jamais passer l'occasion d'aller voir jouer les Expos au Stade olympique. Les choses ne changent jamais complètement. Je ne rouspète jamais quand je dois couvrir un match des ligues mineures.

Je trouve même ça bien agréable.

Je continue mon décompte. J'ai facilement maintenu une moyenne de 15 à 20 matches de balle couverts par année. Quinze à 20 matches, pendant 10 ans... Le calcul est facile à faire. J'ai couvert 175 parties des Lynx, des Rapidz et des Champions, ou à peu près, au fil des ans.

On continue ? Un match de neuf manches dure généralement deux heures et 30 minutes. Avec ma compréhension rudimentaire des mathématiques, je constate que j'ai passé près de 400 heures de ma vie dans la petite galerie de presse suspendue au-dessus du marbre.

Je laisserai les plus fous d'entre-vous pousser le calcul scientifique jusqu'à trouver le nombre de fausses balles, de buts volés et de banals roulants au deuxième but j'ai pu voir.

Je vous ferai cependant cette confidence. Chaque année, avant de retourner au stade avec un relatif - mais réel - enthousiasme, je fais le même souhait. Ce serait cool d'assister à un match sans point ni coup sûr.

Je devrais commencer à en parler à l'imparfait.

Merci, Phillippe Aumont, de m'avoir permis de biffer cela de ma liste de choses à vivre.

***

On va quand même se dire les choses franchement. En franchissant les tourniquets, mercredi, les fans pouvaient s'attendre à ce qu'il y ait des feux d'artifice.

Aumont, en partant, nous semble un peu trop fort pour la Ligue Can-Am.

Quand les dirigeants dominicains du baseball ont formé leur équipe en prévision de leur tournée internationale, ils ont possiblement sous-estimé la compétition. 

Leur fiche de 2-15 en dit long.

Un lanceur très fort contre un club un peu faible. Au terme de la troisième manche, quand Aumont avait retiré les neuf frappeurs adverses sans qu'une seule balle ne sorte de l'avant-champ, je me suis dit que tout était possible.

D'ailleurs, Stéphane Pétronzio a eu la même réflexion que moi. Au même moment.

Pétronzio est possiblement le meilleur entraîneur de baseball en Outaouais. Il donne aussi un coup de pouce à Lanier, chez les Champions, de temps en temps.

« Je devais participer à une conférence téléphonique pas trop agréable en début de soirée. Quand j'ai finalement pu raccrocher, on était la troisième manche, on menait 4-0 et je voyais une série de zéros partout sur le tableau. J'ai tout de suite commencé à penser au match parfait. Mais je ne voulais surtout pas en parler. »

En plus d'avoir été un des premiers entraîneurs d'Aumont, au début des années 2000, à travers le programme sport-études de la polyvalente Nicolas-Gatineau. Ils sont très proches.

Après le match, Pétronzio m'a d'ailleurs dit quelque chose à retenir.

« Cette année, c'est le vrai Phillippe Aumont. Au monticule, on voit le vrai Phillippe Aumont. »

***

Ce match sans point ni coup sûr, peu importe l'adversaire et les circonstances, fera en sorte qu'on jasera un peu d'Aumont dans le monde du baseball. Mon petit doigt me dit d'ailleurs que des organisations du baseball majeur ont déjà commencé à passer des coups de fil au parc RCGT pour prendre de ses nouvelles.

On ne se contera pas d'histoires. Il a encore beaucoup de chemin à parcourir. Il n'est pas évident de remonter jusqu'aux majeures quand on part des ligues indépendantes.

Un exemple ? Wilmer Font. 

Voilà un autre ancien des Champions qui pète le feu. Il joue si bien qu'il sera un des lanceurs partants au Match des étoiles du baseball AAA. Il attend patiemment que les Dodgers de Los Angeles lui fassent signe.

Aumont n'a pas encore la tête aux majeures. Pour l'instant, il a simplement les idées en place. Pour lui, c'est déjà beaucoup.

On va encore se fier à ce que dit Pétronzio.

« C'est le Phillippe qu'on voyait quand il était plus jeune. Il a mis du temps à se retrouver, mais là, il est revenu. Je ne sais pas trop où il va finir, mais je suis fier de lui. Tout est rentré dans l'ordre. »




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