Condamnés à se tromper

Erik Karlsson a été devancé par Brent Burns... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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Erik Karlsson a été devancé par Brent Burns cette année dans la course pour le trophée Norris.

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Pauvres journalistes de la presse écrite ! Pauvres, pauvres, pauvres, pauvres nous !

Je n'ai pas l'intention de vous embêter, en ce début de semaine, avec le stress qu'on vit durant cette période de profondes transformations au sein de notre industrie.

Non. Pour tout vous dire, ce stress-là, il se gère plutôt bien.

Je parle plutôt de l'immense pression qui se fait sentir, chaque printemps, quand vient le temps de remplir les bulletins de vote pour les trophées individuels dans la Ligue nationale de hockey.

Pas de farce.

On a beau y réfléchir longtemps, en discuter entre collègues et sonder des entraîneurs et des joueurs actifs et retraités... On finit toujours par se tromper.

C'est comme ça chaque année.

Je me souviens trop bien de ce qui s'est produit en 2012. Au terme d'un scrutin excessivement serré, Erik Karlsson a remporté le Norris pour la première fois de sa carrière. Il a coiffé le brave Shea Weber au fil d'arrivée.

La salve d'insultes qui a suivi dans les réseaux sociaux, les amis...

Bande d'incompétents ! Comment avez-vous pu décerner ce trophée à un défenseur à caractère résolument offensif ? Vous devriez récompenser un joueur qui se démarque dans toutes les facettes du jeu.

On a reçu le même cocktail de tweets et de courriels en 2015, quand Karlsson a gagné son deuxième Norris.

Je croyais bien qu'on avait tiré des leçons, un an plus tard. En 2016, les collègues ont préféré Drew Doughty, un défenseur jugé complet.

La gaffe ! 

Bande d'incompétents ! Karlsson vient de terminer la saison avec 82 points. Une moyenne toute propre d'un point par match, y avez-vous seulement pensé ? Comment pouvez-vous ne pas donner le Norris à un défenseur aussi doué offensivement ?

La semaine dernière, à Las Vegas, le trophée et le titre du défenseur par excellence de la LNH ont été décernés à Brent Burns. Le gros wookie des Sharks de San Jose a été le défenseur le plus productif de la LNH. Il s'est surtout illustré en marquant 29 buts. C'est 12 buts de plus que le deuxième défenseur le plus dangereux.

Dans les minutes qui ont suivi la divulgation des résultats, j'ai vite compris. Mes collègues et amis, les scribes des 30 villes de la LNH, se sont gourés. Une fois de plus.

Le degré d'indignation m'apparaît, encore une fois, très élevé.

Chaque année, au lendemain de la cérémonie où on remet les prix de fin de saison, le même vieux débat reprend.

Il faut retirer aux journalistes le privilège de voter pour les trophées de fin de saison. C'est une évidence. C'est urgent.

Ceux qui mènent cette charge commencent plus ou moins toujours de la même façon. Ils identifient rapidement les plus grosses bourdes du scrutin.

On a par exemple rapidement souligné que deux scribes ont carrément exclus de leur liste des cinq finalistes pour le Norris.

Imaginez. Deux personnes ont osé lui faire subir cet affront. Deux sur (environ) 175. Si ce n'est pas la preuve que les journalistes n'ont pas les compétences requises pour s'acquitter de ces responsabilités...

Le temps est peut-être venu de trouver une nouvelle formule. Peut-être qu'un jury différent formé d'anciens joueurs et de directeurs généraux obtiendrait des résultats différents. Peut-être pas, non plus.

Je l'ignore.

En passant, juste si ça vous intéresse, j'ai accordé mon vote de première position à Karlsson, cette année.

Je crois, quand même, que Burns n'est pas un mauvais choix.

Je compléterais cette chronique en passant d'une « injustice » à une autre.

Daniel Alfredsson ne fait pas partie des cinq anciens joueurs qui feront leur entrée au Temple de la renommée du hockey, l'automne prochain.

Voilà une injustice de petit gabarit. Ce n'est que partie remise.

La sélection des nouveaux membres du Temple nous semble généralement subjective. Les critères ne sont pas très précis. On a l'impression que les membres du comité finissent généralement par sélectionner des gens qui ont connu de belles carrières, mais aussi des gens qu'ils estiment et qu'ils admirent.

C'est pourquoi Alfie finira par trouver son chemin. Durant sa belle carrière, il s'est fait des amis partout dans le monde du hockey.

Tout le monde l'aime, Alfie.

Il pourrait facilement faire partie des intronisés de 2018, avec Martin Brodeur et Martin Saint-Louis.




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