Une bien belle bannière

Il ne faut pas sauter aux conclusions en... (Martin Roy, Le Droit)

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Il ne faut pas sauter aux conclusions en voyant cette photo, prévient notre chroniqueur.

Martin Roy, Le Droit

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CHRONIQUE / Regardez bien la photo qui accompagne cette chronique. Elle a été prise samedi soir, durant l'hommage rendu à Charles Henry lors du premier tournoi de golf des anciens Olympiques.

Elle frappe. Sans connaître le contexte, on pourrait croire qu'elle annonce de grandes réconciliations.

On a offert au Grand Manitou une belle bannière. Cette bannière ressemble en tous points à celles qui sont suspendues dans le secteur des légendes, au plafond du Centre Robert-Guertin.

Henry l'accepte en riant. Il a l'air de bien s'amuser en compagnie de vieux amis.

Il ne faut pas sauter aux conclusions trop rapidement. Cette bien belle bannière n'ira pas rejoindre les autres.

D'abord, il faut comprendre qu'elle n'a pas été confectionnée à la demande des Olympiques. Il s'agit d'un cadeau offert par le comité organisateur indépendant du tournoi de golf.

La direction du club de hockey junior a joué un rôle très mineur dans la préparation de cet événement.

La bannière serait similaire aux autres, mais pas identique. Elle serait juste un peu plus petite. On la lui a remise pour qu'il puisse l'accrocher quelque part, sur un mur de sa résidence.

Le jour où il rentrera chez lui par la grande porte n'est pas encore arrivé.

C'est dommage.

Au fil des ans, les Olympiques ont retiré les numéros de huit anciens joueurs. Les anciens entraîneurs Pat Burns et Claude Julien sont revenus sur la rue Carillon pour voir leur nom rejoindre les autres.

Il serait simplement naturel que le directeur général qui a dirigé le navire pendant un quart de siècle trouve sa place parmi eux. M. Henry fut, après tout, l'architecte des sept équipes qui ont soulevé la coupe du Président.

Il n'a pas fait de cachettes. Au moment de remettre sa démission, au printemps 2010, il n'était pas en très bons termes avec ses patrons.

Depuis, avec beaucoup de classe, il évite soigneusement de parler d'eux.

À notre connaissance, il a fait exception une seule fois. L'an dernier, il a parlé d'un « cancer qui ronge l'organisation » et dont les propriétaires pourraient se débarrasser.

Il n'a pas offert davantage de précisions.

Lundi encore, je lui ai passé un bref coup de fil pour lui demander s'il accepterait que les Olympiques lui rendent cet hommage bien mérité.

Il a très bien patiné.

« Les Olympiques ont d'autres chats à fouetter, a-t-il répondu. Ils ont d'autres dossiers prioritaires à régler avant de penser à honorer quelqu'un comme moi. Il faudrait commencer par bien régler le dossier du nouvel aréna... »

Je lui ai fait remarquer que l'un n'empêche pas l'autre. On peut fort bien hisser une nouvelle bannière au plafond du Vieux-Bob pour ensuite la déménager, dans quelques années, dans le coin de place de la Cité.

Il a continué à patiner. On comprend que le malaise n'est pas près de s'effacer.

« Un jour, si ça peut faire plaisir aux partisans, je regarderai ça bien comme il faut », a-t-il fini par lâcher. « Tu sais, les partisans, je les ai toujours eus à coeur. Ça n'a jamais changé. Ils ont enduré des années difficiles au début. Nous avons vécu de bien belles choses ensemble. Dernièrement, les fans endurent encore des choses plus difficiles. On ne sait jamais, si les choses finissent par se replacer... »

J'ai raccroché en me demandant ce que ça prendrait pour régler le problème. En fait, je me demandais davantage qui prendrait le moyen de dénouer l'impasse.

J'ai passé un coup de fil à Marcel Patenaude. Le directeur général, qui a travaillé fort à rebâtir des ponts au cours des 12 derniers mois, jure que la porte est ouverte chez lui.

***

On a été obligé de tirer un peu Charles Henry par l'oreille pour l'attirer au Tecumseh, samedi. En bout de ligne, il n'a pas regretté de s'être déplacé. Il a pu croiser des tas de gens qu'il a bien connus.

D'autres ont pris le temps de lui envoyer un mot par vidéo.

Le message de Peter Worrell fut particulièrement touchant.

« Je ne sais pas où je serais sans vous, a dit l'homme de 39 ans qui a passé six saisons dans la LNH. Vous avez vu des choses, chez moi, que je ne soupçonnais pas. Vous avez fait de moi un homme. Avec vous, j'ai appris à me tenir droit debout. J'ai appris la fierté. Je vous aime beaucoup. »




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