Les racines oubliées des jeunes

Guy Lafleur a profité de son passage à... (Martin Roy, Archives LeDroit)

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Guy Lafleur a profité de son passage à Plaisance pour rencontrer les jeunes et moins et jeunes qui sont venus à l'inauguration de l'exposition sur la coupe Stanley.

Martin Roy, Archives LeDroit

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CHRONIQUE / Guy Lafleur est impayable.

On avait oublié de le prévenir qu'il devait prendre la parole, dimanche après-midi. Il était venu en s'imaginant qu'il n'aurait qu'à serrer quelques mains, poser pour trois ou quatre selfies et possiblement couper un ruban pour inaugurer l'exposition dédiée à la coupe Stanley au Centre d'interprétation du patrimoine de Plaisance.

Ça n'a pas fait une très grosse différence.

Il s'est emparé du micro et, après quelques minutes d'échauffement, il est devenu aussi franc, aussi corrosif qu'à son habitude. Il a décoché quelques flèches en direction des joueurs d'aujourd'hui, qui « gagnent en une saison le montant d'argent que j'ai gagné durant mes 17 saisons passées dans la LNH ».

Ces jeunes vedettes qui, selon lui, ne ressentent pas le besoin de tisser des liens avec ceux qui les ont précédés. C'est un peu dommage. Au début des années 1970, Lafleur a lui-même su profiter des conseils des grands Jean Béliveau, Henri Richard, Elmer Lach...

Il a complété ça sur un solide punch.

« Vous savez, ça ne parle pas beaucoup de coupe Stanley, ces jours-ci, à Montréal. Ça me fait donc doublement plaisir de venir en parler avec vous autres à Plaisance... »

Et, toc.

Le Démon blond n'a pas l'habitude de se retenir quand on lui demande de livrer le fond de sa pensée.

Il avait carrément tous les feux verts, dimanche. En le présentant à la foule, la préfète de la MRC Papineau, Paulette Lalande, n'avait pas caché sa fierté d'être représentée partout dans le monde par un homme de tête. « Je suis contente de t'entendre exprimer tes idées, Guy, même quand ces idées ne plaisent pas à tout le monde. »

En verve, Lafleur en avait encore un petit bout à dire sur les joueurs qui luttent pour gagner la coupe en 2017. Selon lui, certains d'entre eux font la gaffe d'oublier trop rapidement leurs racines.

Encore une fois, Mme Lalande endosse.

Lafleur est bien placé pour parler de tout ça. Il prêche par l'exemple.

« Régulièrement, il vient nous voir, dans le coin. Quand il est ici, n'importe où, que ce soit à Thurso ou Saint-André, les gens vont le voir. Je ne dis pas qu'il est le seul, mais il est une des rares personnalités reconnues à travers le monde qui prend le temps de parler aux jeunes, aux moins jeunes, aux personnes âgées. »

« Il prend le temps d'écouter, surtout. Il a un sens de l'écoute très développé. ll a surtout un sentiment d'appartenance à sa région. On voit ça rarement. Il est d'une simplicité désarmante. Il a un coeur extraordinaire. Il va toujours être près du monde qui l'ont aidé à se rendre là où il est aujourd'hui. »

Mme Lalande a beaucoup d'autres belles choses à dire sur la légende vivante du Canadien.

Elle en a glissé quelques-unes dans son mot de présentation, dimanche.

Je gardais d'ailleurs un oeil sur l'invité d'honneur tandis que la politicienne parlait de lui.

Pendant un moment, je vous jure, je l'ai senti ému.

Quand t'es Guy Lafleur, tu dois croiser chaque jour de ta vie des gens qui veulent te serrer la main, te féliciter, te dire combien ils t'admirent et comment tu as changé leurs vies.

« Des compliments comme ceux-là touchent toujours, a-t-il réagi un peu plus tard. Il faut prendre ce qui passe, qu'ils disent. Ça reste toujours difficile d'être adulé comme ça. Moi, je ne me vois pas comme ça. »

« On ne s'habitue jamais à ça. »

Ah, et puisqu'il est question de la coupe. Lafleur nous a dit que sa conquête la plus marquante reste la première, celle de 1973.

J'aurais cru qu'il m'aurait parlé de 1977, l'année du Conn-Smythe.

Nous n'étions pas à Plaisance uniquement pour écouter Guy Lafleur. À la base, nous étions là-bas pour visiter l'exposition sur la coupe Stanley.

Si elle vaut le détour ?

Eh bien... Elle ne se compare évidemment pas à la très riche expo Hockey, qui tient l'affiche tout l'été au Musée canadien de l'Histoire.

Le Centre d'interprétation du patrimoine ne peut simplement pas rivaliser. Il manque tout simplement d'espace.

Deux ou trois surprises attendent néanmoins ceux qui oseront s'aventurer.

Je dis ça de même, mais si je devais accompagner des petits amateurs de sports au parc Oméga, dans les prochains mois, je planifierais probablement un court arrêt d'une demi-heure à mi-chemin, en bordure de la route 148.




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