Grosse soirée... pour Powell

À quelques heures de cette rencontre sans signification... (Patrick Woodbury, Le Droit)

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À quelques heures de cette rencontre sans signification entre le Rouge et Noir et les Tiger-Cats, William Powell reconnaît une certaine fébrilité.

Patrick Woodbury, Le Droit

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CHRONIQUE / Un match préparatoire. Parmi les fans de la Ligue canadienne de football, seuls les vrais de vrais mordus doivent trouver ça très excitant.

Je soupçonne les dirigeants des équipes impliquées de trouver ça moyennement utile. À quel point peut-on apprendre des trucs nouveaux sur des joueurs durant quelques misérables séries de jeux?

Les vétérans qui sont assurés de leur poste préféreraient sans doute les rater, de façon à éviter les accidents.

On connaît cependant un individu qui sera heureux d'enfiler son casque et ses épaulettes, jeudi soir, à la Place TD.

À quelques heures de cette rencontre sans signification entre le Rouge et Noir et les Tiger-Cats, William Powell reconnaît une certaine fébrilité.

Dans son cas, ça s'explique.

Le 13 juin dernier, le Texan alors âgé de 28 ans s'apprêtait à jouer un de ces matches hors-concours. En tant que porteur de ballon numéro un à Ottawa, il avait l'honneur d'entamer le match sur le terrain.

Il n'a pas survécu à la première séquence à l'attaque. On l'a sorti sur une civière. Le tendon d'Achille de sa jambe gauche était déchiré. Les médecins lui ont annoncé la pire des nouvelles quelques heures plus tard. Sa saison au grand complet était à l'eau.

On dit qu'il faut parfois perdre quelque chose pour comprendre à quel point on y tient.

« Je peux vous assurer que c'est vrai », m'a-t-il confié, mardi, en se mettant à l'abri de la pluie sous les gradins sud.

« Dans toute ma vie, je n'ai jamais été aussi longtemps éloigné du football, a-t-il poursuivi. Tout au long de l'hiver, j'avais des papillons dans l'estomac en pensant au prochain camp d'entraînement. C'est pareil, maintenant, quand je pense à ma première partie. »

Powell m'a surpris et impressionné, à la fin de l'été. La direction du Rouge et Noir lui avait donné le droit d'aller passer sa convalescence chez lui, entouré de sa famille.

Après quelques semaines, il a en a eu assez. Il sentait que sa place était à Ottawa. Il voulait rentrer et trouver une façon d'aider son équipe.

À la mi-septembre, il a rappliqué. Il a passé du temps dans le vestiaire, à l'infirmerie, sur les lignes de côté, tandis que le Rouge et Noir se frayait un chemin vers la coupe Grey.

« En réalité, c'était plus facile. Le plus dur, c'était d'essayer de tout suivre à distance », m'a-t-il confié.

À ce moment-là, je me disais que Powell était un vrai joueur d'équipe. Dans un sport comme le football, où le concept d'équipe est au centre de tout, j'étais convaincu que ça l'aiderait à récupérer vite son poste.

En bout de ligne, ce n'était pas si simple.

« Il peut encore nous aider. Il n'a qu'à nous le prouver », a lancé le directeur général Marcel Desjardins, fin janvier, au moment de le remettre sous contrat.

Comme vote de confiance, c'était plutôt tiède, mettons.

L'entraîneur-chef Rick Campbell chante le même refrain que son patron. J'ai pu m'en rendre compte mardi quand je lui ai parlé du joueur d'équipe qui tente de reprendre sa place sur le terrain.

« Nous étions contents de le revoir dans l'entourage de l'équipe. Les médecins et les thérapeutes étaient contents de le voir, aussi. C'était ce qu'il y avait de mieux pour sa réhabilitation. »

« Sauf que cette année, on va évaluer nos porteurs de ballon strictement en fonction de leurs performances sur le terrain. William se débrouille terriblement bien. Il ressemble au joueur qu'il était avant de se blesser. C'est, pour nous, une très bonne nouvelle. »

« On va laisser le calendrier préparatoire passer et on verra bien comment les choses vont se tasser. »

Les premiers indicateurs nous laissent croire que Powell sera de la formation débutante, le 23 juin en soirée, lorsque le Rouge et Noir entreprendra sa quatrième saison régulière en accordant une revanche aux Stampeders de Calgary.

Il passe le plus clair de son temps à s'entraîner avec la première unité offensive, depuis le début du camp.

Shakir Bell et Mossis Madu, les deux autres vétérans qui sont camp pour lui livrer bataille, travaillent plus souvent avec les réservistes.

On verra bien si ce sera toujours le cas dans quelques jours.

En attendant, ça nous donne au moins une bonne raison d'avoir hâte au match préparatoire de jeudi soir.




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